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RDC : Claude Ibalanky, de diplomate de Tshisekedi à négociateur du M23 — le grand retournement ?

La participation de personnalités politiques congolaises aux discussions en cours en Suisse entre le gouvernement de Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 suscite interrogations et réactions sur la scène politique nationale.

Les délégués de la rébellion figurent des acteurs bien connus de l’appareil d’État, au passé étroitement lié aux institutions congolaises.

Ancien coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, Claude Ibalanky a longtemps été au cœur des efforts diplomatiques visant à stabiliser la région des Grands Lacs. En 2023, il avait été nommé ambassadeur itinérant par le président Félix Tshisekedi. Sa présence aujourd’hui dans la délégation de l’AFC/M23 aux pourparlers en Suisse marque un tournant significatif et alimente les spéculations sur les dynamiques internes du conflit.

Autre figure notable, Franck Mwe di Malila Apenela fait également partie de cette délégation. Son parcours politique est dense : il a été vice-ministre à la Coopération internationale et à l’Intégration régionale entre 2014 et 2016, puis vice-ministre du Plan de 2016 à 2017, avant de devenir ministre du Tourisme de 2017 à 2019. Sa participation renforce l’image d’une délégation composée d’anciens responsables étatiques expérimentés.

Ces présences soulèvent des questionnements au sein de la classe politique. Christian Ilunga, cadre de l’UDPS, s’interroge notamment sur la composition de la rébellion, estimant qu’une majorité de ses dirigeants seraient d’anciens proches de l’ex-président Joseph Kabila.

Du côté des soutiens de l’AFC/M23, le discours est tout autre. Gordon Byaruhanga met en avant l’expérience de Claude Ibalanky, qu’il décrit comme un homme politique aguerri, capable de contribuer à des négociations inclusives et constructives. Selon lui, cette participation permettrait de mieux faire entendre les revendications de la rébellion.

Enfin, certains observateurs estiment que l’implication de figures congolaises reconnues dans cette délégation pourrait également remettre en question la communication officielle du gouvernement. Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a en effet souvent affirmé que les membres de l’AFC/M23 étaient liés à des intérêts étrangers, notamment rwandais — une thèse que contestent les soutiens de la rébellion.

Alors que les discussions se poursuivent en Suisse, la présence de ces profils expérimentés pourrait peser sur l’orientation des négociations, tout en ravivant le débat sur les alliances politiques et les recompositions à l’œuvre dans ce conflit complexe.

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