Image Post

RDC : accusé d’inaction, Jacquemain Shabani Lukoo riposte avec un bilan sécuritaire et des réformes en marche

Alors que des critiques internes, notamment au sein de l’UDPS, remettent en cause son action à la tête du ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, le Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani Lukoo met en avant une série de mesures dont les effets commencent à se faire sentir sur le terrain.

À l’origine de la controverse, une pétition portée notamment par le député national Lady Yangotikala accuse le patron de la sécurité intérieure d’inefficacité.

Mais plusieurs éléments factuels viennent nuancer ces critiques, en mettant en lumière des actions concrètes engagées ces derniers mois.

Sur le plan opérationnel, les autorités ont intensifié les patrouilles policières, particulièrement à Kinshasa, afin de lutter contre la recrudescence de la criminalité.

Une attention particulière est portée à la traque des gangs urbains, connus sous le nom de « Kuluna », dans le cadre de l’opération Ndobo.

Cette stratégie a conduit à l’interpellation de nombreux suspects, suivie de jugements rapides en audiences foraines, conformément aux procédures de flagrance.

En parallèle, un processus de modernisation des outils d’intervention est en cours. Un protocole d’accord a été conclu entre la Police nationale congolaise, la société WSTD et les opérateurs de télécommunications tels que Vodacom, Airtel, Orange et Africell. L’objectif : améliorer la coordination des interventions grâce à des solutions technologiques, notamment via un numéro vert d’urgence et le déploiement de motos pour renforcer la mobilité des unités.

Au-delà des réponses immédiates, le gouvernement s’inscrit dans une logique de réforme structurelle.

La promulgation en 2025 d’une loi de programmation dédiée à la réforme de la police marque une étape clé.

Ce texte prévoit, sur cinq ans, le recrutement et la formation de 90 000 policiers, ainsi que la mise à la retraite progressive de 10 000 agents entre 2027 et 2028, en plus d’un vaste programme de modernisation des infrastructures et des équipements.

Sur le terrain, ces ambitions commencent à se concrétiser. À Kasangulu, 5 000 nouvelles recrues sont actuellement en formation. À Kisangani, l’école de police de Kapalata, datant de 1959, a été entièrement réhabilitée et inaugurée en juin 2025, avec une capacité portée à 2 000 apprenants.

D’autres chantiers similaires sont en cours, traduisant une volonté de renforcer durablement les capacités opérationnelles des forces de sécurité.

L’amélioration des conditions sociales des policiers constitue également un axe prioritaire.

À Kinshasa, dans le quartier Ndjili Brasserie, plus d’une centaine de logements ont été construits pour reloger des agents sinistrés après l’incendie du camp Kabila en 2025, une initiative saluée comme un signal fort en faveur du bien-être des forces de l’ordre.

Au regard de ces éléments, la pétition dénonçant une supposée inefficacité apparaît, pour certains observateurs, davantage comme l’expression de tensions politiques internes que comme une évaluation strictement objective de l’action gouvernementale. Si des défis majeurs subsistent , notamment en matière de financement , plusieurs indicateurs témoignent néanmoins d’une dynamique progressive de redressement du secteur sécuritaire en République démocratique du Congo.

laissez votre commentaire