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RDC : Revirement spectaculaire autour de la motion contre Jacquemain Shabani, un député se désengage sous pression

Kinshasa replonge dans ses paradoxes politiques. Alors qu’une motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, semblait prendre forme à l’Assemblée nationale, un rebondissement majeur vient fragiliser l’initiative.

Dans une correspondance officielle datée du 14 avril 2026, l’honorable Landry Cizung Ntaboba a annoncé son désengagement de l’action parlementaire engagée contre le VPM. Adressée au président de l’Assemblée nationale, cette lettre évoque explicitement un manquement aux règles internes de sa famille politique.

Le député reconnaît n’avoir pas obtenu le quitus de l’Union sacrée de la Nation (USN), plateforme politique au pouvoir, ni celui de son parti, l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC). Il réaffirme par ailleurs sa loyauté à l’autorité morale de cette formation, Modeste Bahati Lukwebo.

Pressions politiques ou discipline partisane ?

Ce revirement alimente immédiatement les spéculations dans les milieux politiques de Kinshasa. Pour de nombreux observateurs, ce désengagement ne serait pas anodin, mais plutôt le résultat de pressions exercées en interne afin d’éviter une fracture au sein de la majorité.

La motion de défiance, initialement portée par le député Laddy Yangotikala, reposait sur plusieurs accusations sérieuses à l’encontre de Jacquemain Shabani : inefficacité dans la gestion sécuritaire, manque de résultats administratifs et incapacité présumée à répondre aux crises persistantes dans certaines provinces.

Mais avec ce premier retrait officiel, la dynamique parlementaire pourrait être fortement compromise.

Une démocratie parlementaire en question

Cette situation relance un débat plus profond sur le fonctionnement des institutions en République démocratique du Congo. Certains analystes et acteurs de la société civile dénoncent une dérive où la discipline partisane primerait sur la liberté d’action parlementaire.

Des voix critiques, à l’image de Mambo Bulambo, n’hésitent pas à exprimer leur désillusion : selon lui, « ce n’est plus le Congo de Lumumba », regrettant un affaiblissement du contrôle parlementaire et une érosion des pratiques الديمقراطية.

Dans les couloirs du Palais du Peuple, beaucoup s’interrogent désormais : la motion contre Jacquemain Shabani survivra-t-elle à ces défections successives ?

Un test pour la majorité au pouvoir

Au-delà du cas individuel du VPM, cet épisode met en lumière les tensions latentes au sein de l’Union sacrée et pose la question de la marge de manœuvre réelle des députés face aux consignes politiques.

Si d’autres désengagements venaient à suivre, la motion pourrait tout simplement s’effondrer avant même d’être débattue. À l’inverse, son maintien malgré les pressions constituerait un signal fort en faveur d’un Parlement plus indépendant.

Dans un contexte sécuritaire déjà fragile, l’issue de cette affaire sera scrutée de près, tant elle pourrait redéfinir les rapports de force entre l’exécutif et le législatif en RDC.

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