RDC : en meeting à Oicha, Serge Farini appelle au retrait de la motion de défiance contre le VPM Jacquemin Shabani
Dans un meeting populaire tenu à Oicha, le cadre et combattant de l’UDPS, Serge Farini Bindu, est monté au créneau mardi pour dénoncer la motion initiée par le député Laddy Yangotikala visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo.
Dans une allocution au ton ferme, Serge Farini Bindu a appelé les élus nationaux à « snober » cette initiative parlementaire, qu’il considère comme inopportune dans un contexte sécuritaire fragile. Selon lui, cette démarche relève d’une « politique du tube digestif » et contribue, de manière « praeter-intentionnelle », à fragiliser la cohésion nationale en offrant, indirectement, un avantage aux groupes rebelles, notamment l’AFC/M23.
Prenant la parole devant une foule acquise à sa cause, le deuxième suppléant de Jacquemain Shabani au Sénat a insisté sur la nécessité de resserrer les rangs autour des institutions de la République. Il s’interroge notamment sur le bien-fondé d’une motion de défiance contre ce qu’il qualifie de « l’un des meilleurs lieutenants » du président Félix Tshisekedi.
Pour lui, attaquer le ministre de l’Intérieur à ce stade revient à affaiblir l’action gouvernementale, alors que le pays fait face à des défis sécuritaires majeurs, particulièrement dans l’Est.
Un bilan sécuritaire mis en avant
Afin de justifier sa position, Serge Farini Bindu a rappelé plusieurs actions entreprises sous la houlette de Jacquemain Shabani. Il a notamment cité le protocole d’accord conclu entre la Police nationale congolaise et la société WSTD, en partenariat avec des opérateurs de télécommunications comme Vodacom, Airtel, Orange et Africell.
Ce partenariat vise à renforcer la coordination des interventions grâce à des solutions technologiques modernes, notamment à travers la mise en place d’un numéro vert d’urgence et l’amélioration de la mobilité des unités de police.
L’intervenant a également mis en lumière la loi de programmation de la Police nationale congolaise, votée par le Parlement et promulguée en 2025 par le chef de l’État. Ce texte ambitieux prévoit notamment :
-
le recrutement et la formation de 90 000 policiers sur cinq ans ;
-
la mise à la retraite progressive de 10 000 agents entre 2027 et 2028 ;
-
la modernisation des infrastructures policières à travers le pays ;
-
l’amélioration des conditions de vie des forces de l’ordre.
Selon Serge Farini Bindu, ces réformes traduisent une volonté claire de professionnaliser et de renforcer durablement les capacités opérationnelles de la police congolaise.
Au-delà du fond, cette sortie médiatique s’inscrit également dans un contexte de tensions politiques internes. En dénonçant frontalement l’initiative du député Laddy, Serge Farini Bindu prend position dans un débat qui dépasse la seule question sécuritaire, touchant aux équilibres politiques au sein de la majorité.
À Oicha, son message se veut clair : face aux menaces sécuritaires persistantes, l’heure n’est pas aux divisions, mais à la consolidation de l’action publique et à l’unité nationale.
