RDC : Kinshasa et l’AFC-M23 s’accordent sur la libération de prisonniers et l’accès à l’aide humanitaire
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans les efforts visant à apaiser les tensions dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le gouvernement de Kinshasa et le mouvement Mouvement du 23 mars, également désigné comme AFC/M23, ont convenu d’une série de mesures destinées à renforcer la confiance et à améliorer la situation humanitaire.
Une libération de prisonniers dans un délai de 10 jours
Parmi les engagements majeurs, les deux parties se sont accordées sur la libération de détenus dans un délai de dix jours, conformément au mécanisme signé le 14 septembre 2025. Cette mesure s’inscrit dans une logique d’apaisement et de construction de la confiance entre les protagonistes du conflit.
Les parties ont, à cet effet, salué le rôle du Comité international de la Croix-Rouge, qui a facilité le processus en fournissant les listes des détenus selon les procédures établies.
Au-delà de la question des prisonniers, Kinshasa et l’AFC/M23 ont reconnu « l’importance cruciale » de garantir un accès sans entrave à l’aide humanitaire pour les populations affectées dans l’est du pays.
Des progrès significatifs auraient été réalisés en vue de la conclusion d’un protocole encadrant à la fois l’accès humanitaire et la protection judiciaire. Les deux parties se sont également engagées à s’abstenir de toute action susceptible de compromettre l’acheminement de cette aide, en insistant sur le respect des principes humanitaires.
Malgré ces annonces, la méfiance reste profondément ancrée dans l’opinion publique.
À Uvira, Jonas Kissu exprime un doute marqué quant à la sincérité du processus :
« Le M23 reste un mouvement rebelle qui trompe par ses promesses non tenues. Derrière les accords signés, leurs actes montrent qu’ils sont des menteurs et qu’ils compromettent la paix et l’aide humanitaire. »
Un point de vue qui reflète une défiance persistante envers les engagements pris par les groupes armés dans la région.
Des accusations graves contre Kinshasa
À l’inverse, d’autres voix pointent la responsabilité des autorités congolaises dans la détérioration de la situation humanitaire.
Depuis Goma, Kyasiviro Muissa accuse les forces gouvernementales :
« Les forces génocidaires de Tshisekedi continuent de mener des frappes aériennes sur des zones densément peuplées, entravant ainsi l'acheminement de l'aide humanitaire. »
Des accusations particulièrement graves, qui illustrent le climat de tension extrême et la guerre des récits autour du conflit.
Alors que les engagements pris pourraient constituer une avancée vers une désescalade, leur mise en œuvre reste incertaine. Les critiques, parfois virulentes, de part et d’autre témoignent d’un déficit de confiance majeur.
Certains observateurs appellent à la prudence, rappelant que plusieurs accords passés ont été violés. D’autres soulignent néanmoins que ces initiatives, aussi fragiles soient-elles, représentent une opportunité à saisir pour alléger les souffrances des populations civiles.
Dans un contexte où les enjeux humanitaires sont critiques, la réussite de ces engagements dépendra avant tout de la volonté réelle des parties à respecter leurs promesses sur le terrain.
