RDC : la justice belge innocente totalement le journaliste Claude Pero Luwara et déboute le ministre Didier Budimbu
La justice belge a rendu son verdict dans un dossier sensible opposant une figure politique congolaise à un journaliste en exil.
La Chambre du Conseil du Tribunal de Première Instance du Brabant wallon, siégeant à Nivelles, a décidé de ne pas poursuivre le journaliste Claude Pero Luwara, entièrement exonéré des accusations portées contre lui.
Une plainte pénale finalement rejetée
L’actuel ministre des Sports de la République démocratique du Congo, Didier Budimbu, avait déposé plainte au pénal contre le journaliste, l’accusant notamment de calomnie, diffamation, injures et divulgation méchante.
Il sollicitait son renvoi devant le tribunal correctionnel belge pour répondre de ces accusations.
Mais la justice a estimé qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments pour justifier des poursuites.
Absence d’intention de nuire retenue par la justice
Dans son analyse, la Chambre du Conseil a rappelé que si « l’honneur et la réputation de la partie civile doivent être protégés », les éléments du dossier ne permettaient pas de démontrer l’existence d’un élément moral suffisant dans le chef de l’inculpé.
En clair, la justice n’a pas retenu l’intention de nuire ou la volonté de diffamation.
Le journaliste avait pour sa part soutenu qu’il n’avait jamais agi avec malveillance, affirmant que ses publications visaient à informer le public et à dénoncer des irrégularités présumées en République démocratique du Congo.
Installé en Belgique où il a obtenu le statut de réfugié politique, Claude Pero Luwara affirme avoir été ciblé en raison de ses prises de position critiques.
Il avait déjà dénoncé des pressions et des menaces, notamment après une agression violente dont il dit avoir été victime.
Selon ses déclarations, des individus auraient tenté de l’éliminer lors d’une attaque survenue alors qu’il rentrait chez lui.
Le dossier avait pris une dimension particulièrement sensible en raison des tensions autour de la liberté de la presse et du traitement réservé aux journalistes critiques à l’égard des autorités congolaises.
Par ailleurs, des informations relayées dans la sphère médiatique évoquaient une mise à prix du journaliste par les autorités de son pays d’origine, une affirmation qui a contribué à alimenter la controverse internationale autour de l’affaire.
Au terme de la procédure, la justice belge a donc totalement relaxé Claude Pero Luwara, estimant qu’aucune charge suffisante ne permettait de le renvoyer devant un tribunal correctionnel.
De son côté, la partie civile devra supporter les frais de procédure, conformément à la décision rendue par la juridiction.
Cette issue judiciaire marque une étape importante dans un dossier devenu emblématique des tensions entre pouvoir politique et journalistes d’investigation originaires de la RDC installés en Europe.
