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RDC : l’Union Sacrée appelle ses députés à rejeter la motion contre Jacquemin Shabani, en attendant un remaniement

La majorité présidentielle en République démocratique du Congo resserre les rangs autour du Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo.

À la veille de l’examen d’une motion de défiance à son encontre, la direction de l’Union Sacrée de la Nation (USN) a donné une consigne claire : voter contre.

Dans une note interne signée par son secrétaire permanent, André Mbata Mangu, la plateforme présidentielle reconnaît la légitimité de la démarche initiée par les députés motionnaires. Elle estime toutefois qu’il n’est pas opportun d’aller jusqu’à la destitution d’un ministre issu de ses propres rangs.

L’argument central avancé repose sur le respect des prérogatives constitutionnelles du chef de l’État, Félix Tshisekedi, seul habilité à nommer et révoquer les membres du gouvernement. La note rappelle d’ailleurs qu’un remaniement gouvernemental aurait déjà été annoncé par la « Haute Autorité Politique ».

L’option d’un rejet pour irrecevabilité

Au-delà de la consigne de vote, le document interne évoque également une stratégie procédurale. La direction de l’USN n’exclut pas un rejet pur et simple de la motion pour irrecevabilité, notamment si certains signataires venaient à contester leur engagement.

Une telle hypothèse permettrait d’éviter un débat de fond en plénière à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, tout en désamorçant une crise politique au sein de la majorité.

L’argument du remaniement imminent

Dans sa communication aux députés, André Mbata Mangu insiste sur le fait que le président Tshisekedi aurait déjà annoncé un prochain réaménagement de l’équipe gouvernementale. Il invite ainsi les élus à ne pas « gêner la Haute Autorité Politique », qui conserve la latitude de décider du maintien, de la permutation ou du départ de Jacquemin Shabani.

Cet argument vise clairement à convaincre les parlementaires de laisser au chef de l’État le soin de trancher, plutôt que de recourir à une sanction parlementaire susceptible d’exposer des divisions internes.

L’examen de cette motion, inscrit à l’ordre du jour de la plénière du 29 avril, intervient dans un contexte politique sensible. Entre discipline de parti et pression de l’opinion publique, les députés de la majorité sont appelés à faire un choix stratégique.

Le vote ou le rejet de cette motion constituera un test de cohésion pour l’Union Sacrée, mais aussi un indicateur du rapport de force entre l’exécutif et le législatif dans la gestion des responsabilités gouvernementales.

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