Bukavu : des leaders religieux et communautaires s'engagent contre les violences basées sur le genre.
Les responsables des confessions religieuses, des leaders communautaires et des membres des noyaux d'alerte rapide ont renforcé leur engagement contre les violences basées sur le genre (VBG). C'était à l'issue d'un atelier organisé par la Fondation Panzi, dans le cadre du projet BADILIKA, avec l'appui de l'Union européenne et d'ENABEL.
Cette session de formation a permis de les doter d'outils de prévention, d'identification et de prise en charge communautaire des cas de VBG, tout en mettant l'accent sur la promotion de la masculinité positive comme levier de transformation sociale. L'initiative s'inscrit dans une dynamique visant à impliquer davantage les hommes dans la lutte contre les stéréotypes, la protection des droits des femmes et la consolidation de la cohésion sociale dans un contexte de conflits persistants à l'Est de la RDC.
Transformer les normes sociales par la masculinité positive
Selon M. Juvénal Zozo, facilitateur de la formation, la masculinité positive constitue un levier essentiel pour transformer les comportements et les normes sociales.
« Elle favorise l'inclusion et la cohésion sociale. Les hommes doivent briser les discriminations envers les femmes et abandonner les stéréotypes et coutumes rétrogrades qui freinent l'égalité », a-t-il expliqué.
Dans une région où les violences sexuelles et basées sur le genre restent fréquentes, notamment en raison des conflits prolongés et des inégalités structurelles, cette approche vise à impliquer activement les hommes dans la promotion des droits des femmes et des filles.
Renforcer les capacités pour un changement durable
L'atelier s'inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer les capacités de 40 leaders communautaires, 30 membres des noyaux d'alerte rapide et 10 responsables religieux. Les participants ont été outillés pour mieux comprendre les causes, les conséquences et les facteurs favorisant les violences basées sur le genre.
À travers une approche participative combinant échanges d'expériences, discussions de groupe et travaux en carrefour, les participants ont également appris à identifier les cas de VBG et à proposer des solutions adaptées au niveau communautaire.
Des engagements concrets au niveau local
Au terme de la formation, les participants se sont engagés à jouer un rôle actif dans leurs communautés, notamment à travers la sensibilisation, le dialogue communautaire et la dénonciation des violences.
Pour Moïse Bwinda, l'un des participants, cette formation marque un tournant personnel : « Je m'engage à devenir un ambassadeur de la masculinité positive, en commençant par ma propre famille. Les connaissances acquises me permettront d'identifier et de combattre les VBG ».
Même satisfaction du côté de Wanjo Déborah, qui reconnaît un changement de perception : « J'avais des préjugés sur la masculinité positive. Cette formation nous permet désormais de sensibiliser nos familles et nos quartiers afin de promouvoir les droits des femmes et des filles ».
Une dynamique pour l'égalité et la cohésion sociale
L'objectif de cette initiative est de renforcer le rôle des leaders locaux en tant qu'acteurs de changement, capables de déconstruire les normes sociales discriminatoires, de promouvoir l'égalité d'accès aux ressources et de contribuer à la prévention des violences.
Cette activité s'inscrit dans le cadre du projet « Unis pour l'égalité des genres », mis en œuvre par la Fondation Panzi dans la ville de Bukavu et le territoire de Walungu.
A travers ce type d'initiatives, les acteurs locaux espèrent impulser un changement durable des mentalités et contribuer à la réduction significative des violences basées sur le genre dans une région profondément affectée par les crises.
