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RDC : marche à Kinshasa en soutien aux sanctions américaines visant Joseph Kabila

Les sanctions annoncées par le département du Trésor américain contre l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, continuent de provoquer de vives réactions sur la scène politique congolaise.

Au sein de l’Union sacrée de la Nation, plusieurs formations politiques ont publiquement exprimé leur satisfaction, tandis que d’autres appellent à la retenue ou contestent la démarche de Washington.

Parmi les premiers soutiens affichés aux mesures américaines figurent notamment l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) de Vital Kamerhe et l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) de Modeste Bahati Lukwebo. Ces partis, membres de la coalition au pouvoir, estiment que ces sanctions s’inscrivent dans une logique de lutte contre l’impunité.

Dans une prise de position particulièrement ferme, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, est allé plus loin en appelant à des poursuites judiciaires.
« Les sanctions ne suffisent pas. Il faut désormais que la justice congolaise fasse son travail et que Joseph Kabila réponde de ses actes », a-t-il déclaré à l’issue d’une marche organisée lundi à Kinshasa en soutien aux mesures américaines.

Cette mobilisation a également vu la participation de certaines figures politiques, dont Willy Bakonga, ancien proche de Joseph Kabila, aujourd’hui aligné derrière la majorité présidentielle. Il a profité de l’occasion pour réaffirmer sa loyauté au président Félix Tshisekedi.
« Je suis ici pour soutenir la vision du Chef de l’État. Le pays doit aller de l’avant, et cela passe par des réformes courageuses », a-t-il indiqué, se prononçant par ailleurs en faveur d’un changement de la Constitution.

Dans le camp opposé, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) diaspora rejette catégoriquement les sanctions américaines. Pour cette formation, les décisions de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) ne sauraient être assimilées à une condamnation judiciaire.

« Une mesure administrative étrangère ne constitue ni une preuve ni une condamnation judiciaire », a affirmé un cadre du parti, dénonçant également les conclusions du Groupe d’experts des Nations unies jugées « partiales ».

Le PPRD estime en outre que cette approche américaine pourrait fragiliser les efforts de médiation dans la région.
« La démarche de Washington est incompatible avec le rôle de médiateur qu’il prétend jouer dans le processus de paix », a ajouté la même source, appelant plutôt à « un dialogue inclusif assorti d’une justice indépendante » pour résoudre durablement la crise congolaise.

Alors que les positions se polarisent, ces réactions illustrent une nouvelle fois les profondes divisions politiques autour de la figure de Joseph Kabila, dans un contexte où les relations entre anciens et nouveaux pouvoirs restent particulièrement sensibles en République démocratique du Congo.

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