Mambasa : après le massacre de Biakato, les écoles ferment sous la menace des ADF
La peur continue de s’installer à Biakato, dans le territoire de Mambasa, après l’attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées, qui a coûté la vie à au moins quinze civils jeudi 7 mai 2026 au quartier Laliya. Parmi les victimes figurent également deux élèves.
Face à cette situation sécuritaire alarmante, les autorités éducatives ont décidé de suspendre les cours pendant deux jours dans plusieurs établissements scolaires du centre éducatif de Biakato. La mesure concerne les écoles relevant de la sous-division de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté Mambasa 2, notamment sur l’axe Makeke-Mayuwano-Somé, dans le sud du territoire.
Le chef de cette sous-division, Michel Nesapango, affirme que cette décision vise à apaiser les tensions et à permettre aux familles touchées de reprendre leurs esprits après le drame.
« Pour le centre de Biakato, il n’y aura pas cours aujourd’hui et demain. La reprise est prévue lundi. Les élèves doivent rester à la maison, sauf les finalistes attendus dans les centres d’examen. Nous allons encore analyser l’évolution de la situation sécuritaire avant d’autres décisions », a-t-il déclaré.
Dans plusieurs quartiers de Biakato, la psychose reste palpable. Des familles commencent déjà à fuir vers des zones considérées comme plus sûres, craignant de nouvelles incursions armées. Vendredi matin, certaines écoles ont fonctionné presque à vide, plusieurs parents ayant préféré garder leurs enfants à domicile.
Selon des sources locales, l’attaque menée en pleine journée au quartier Laliya a également provoqué d’importants dégâts matériels. Des maisons et plusieurs commerces ont été incendiés par les assaillants, aggravant davantage la détresse des habitants.
Cette nouvelle tragédie remet une fois de plus en lumière les lourdes conséquences de l’insécurité persistante sur l’éducation dans la province de Ituri. Depuis plusieurs années, les attaques répétées des ADF perturbent régulièrement les activités scolaires, provoquent des déplacements massifs de populations et plongent des milliers d’enfants dans une précarité éducative inquiétante.
Face à cette situation, des acteurs de la société civile ainsi que plusieurs responsables du secteur éducatif appellent les autorités congolaises à renforcer urgemment la sécurité autour des écoles et des populations civiles afin d’éviter que de nouveaux drames ne frappent les communautés déjà fragilisées par des années de violences armées.
