RDC : Fayulu crie au « coup d’État constitutionnel », René Gide Mbaya l’accuse de dramatiser le débat
Le débat autour de la proposition de loi sur l’organisation du référendum en République démocratique du Congo prend une tournure de plus en plus politique. L’opposant Martin Fayulu accuse le pouvoir de vouloir ouvrir une voie détournée vers une révision constitutionnelle controversée, tandis que l’analyste politique René Gide Mbaya estime que ces accusations relèvent davantage de la stratégie politique que d’un véritable argument juridique.
Au cœur de la polémique : la proposition de loi portée par Paul Gaspard Ngondankoy sur l’organisation du référendum. Pour Martin Fayulu, ce texte constituerait une menace directe contre l’esprit de la Constitution congolaise.
Dans une déclaration musclée, le leader de l’ECiDé affirme que cette initiative ouvre une « porte dérobée » pour contourner une interdiction formelle de la Constitution. Selon lui, il s’agirait ni plus ni moins d’une tentative de « légaliser un coup d’État constitutionnel ».
Fayulu estime que derrière ce débat juridique se cache en réalité une volonté politique de modifier l’équilibre institutionnel du pays. Il met également en garde le président Félix Tshisekedi contre ce qu’il considère comme une dérive dangereuse pour l’unité nationale.
« Il serait extrêmement grave que le fils d’Étienne Tshisekedi entre dans l’histoire comme celui qui aura fragilisé la cohésion nationale et consacré la balkanisation de la RDC », a déclaré Martin Fayulu.
Mais ces propos sont loin de faire l’unanimité.
René Gide Mbaya a rapidement réagi pour dénoncer ce qu’il considère comme une exagération politique. Selon lui, qualifier une proposition de loi débattue au Parlement de « coup d’État constitutionnel » sans démontrer clairement une violation d’un article intangible de la Constitution relève davantage du discours militant que de l’analyse juridique.
« Cher Président “élu”, qualifier une proposition de loi de “coup d’État constitutionnel” sans démontrer précisément en quoi elle viole un article intangible de la Constitution est excessif », a-t-il rétorqué.
Pour René Gide Mbaya, une initiative législative soumise au débat parlementaire ne peut être assimilée à une rupture de l’ordre constitutionnel tant qu’aucune violation explicite de la Constitution n’est juridiquement établie.
« Une loi discutée au Parlement n’est pas un coup d’État. Sans violation démontrée de la Constitution, ce n’est pas une alerte juridique ; c’est plutôt une posture politique », insiste-t-il.
Cette nouvelle confrontation illustre une fois de plus la profonde méfiance qui entoure toute discussion liée à une éventuelle réforme constitutionnelle en RDC. Dans un climat politique déjà tendu par les questions sécuritaires et électorales, le débat autour du référendum risque d’alimenter davantage les fractures entre majorité et opposition.
