Africa CEO Forum à Kigali : Kagame parle de “souffrance” face aux sanctions, et appelle à l’unité africaine
À Kigali, à l’occasion de l’Africa CEO Forum 2026 tenu les 14 et 15 mai au Centre des Congrès, le président rwandais Paul Kagame a pris la parole devant un large parterre composé de chefs d’entreprise, d’investisseurs et de décideurs politiques.
Un discours axé sur la souveraineté économique africaine, la résilience face aux sanctions et la nécessité de renforcer le secteur privé sur le continent.
Mais certaines de ses déclarations, notamment sur les effets des sanctions internationales et les pressions exercées sur son pays, ont immédiatement suscité des réactions critiques et relancé les débats politiques dans la région des Grands Lacs.
Des propos sur les sanctions et la résilience
Dans son intervention, Paul Kagame a insisté sur la capacité de son pays à résister aux pressions extérieures :
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« Je n’ai jamais capitulé, même dans une pire situation. Ceci n’est pas une mauvaise situation comme telle mais oui ça fait mal, c’est certain. »
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« Les sanctions et autres mesures sont faites pour faire mal. Alors, d’une certaine manière, nous souffrons. »
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« Mais je pense que nous souffririons davantage si nous ne faisions pas ce que nous faisons. Il faut donc toujours peser le pour et le contre. »
Le président rwandais a également appelé les pays africains à l’unité et à la coopération économique, estimant que le continent devait s’affranchir des dépendances extérieures et renforcer ses propres capacités de développement.
Un message panafricaniste qui divise
Au-delà du volet économique, Paul Kagame a adopté un ton résolument panafricaniste, invitant les États africains à « unir leurs forces » pour accélérer leur développement et à ne pas se laisser dicter leur trajectoire par des puissances extérieures.
Cependant, ce discours est loin de faire consensus. Certains observateurs y voient une rhétorique en décalage avec les tensions régionales persistantes dans la région des Grands Lacs, notamment entre Kigali et Kinshasa, où les relations diplomatiques restent fortement tendues.
Des réactions politiques et un climat régional sensible
Les propos du chef de l’État rwandais interviennent dans un contexte déjà marqué par une forte crispation diplomatique entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, sur fond de conflits sécuritaires et d’accusations mutuelles.
Dans ce climat, chaque prise de parole de part et d’autre est scrutée et interprétée à travers le prisme des rivalités régionales, renforçant les incompréhensions et les divergences narratives.
Si l’intervention de Paul Kagame s’inscrivait officiellement dans le cadre d’un forum économique international, elle illustre une fois de plus la difficulté de dissocier totalement les enjeux économiques des tensions géopolitiques dans la région.
Entre appel à la souveraineté africaine, défense de ses politiques et perception extérieure controversée, le discours du président rwandais continue de susciter des lectures opposées selon les acteurs et les contextes politiques.
