Sud-Kivu : la journaliste Judith Asina libérée ce matin, un soulagement dans les milieux médiatiques
La journaliste Judith Asina, directrice générale de la radio SVEIN Bukavu, a été libérée ce matin après plusieurs jours de détention dans un cachot de la Direction des services de renseignement (DSR, ex-ANR), actuellement sous contrôle de l’AFC/M23 à Bukavu.
Son arrestation, intervenue le 28 mai 2026, avait suscité de vives réactions au sein des milieux médiatiques et des organisations de défense des droits humains, qui dénonçaient une situation jugée préoccupante et un manque de clarté sur les motifs de sa détention.
Selon des sources familiales contactées par Libre Grands Lacs, Judith Asina est l’épouse légitime de Crispin Kashale, cadre influent de l’AFC/M23 et promoteur de la radio SVEIN, où elle occupe le poste de directrice générale.
L’affaire serait initialement partie d’une altercation familiale impliquant deux jeunes hommes : le petit frère de Judith Asina d’un côté, et le petit frère de Crispin Kashale de l’autre, ce dernier étant également le beau-frère de la journaliste. Lors de cet affrontement, le frère de Crispin Kashale aurait été grièvement blessé.
La personne blessée, qui serait également pasteur au sein de l’église fréquentée par l’épouse de Crispin Kashale, aurait été celle qui a alerté les services de la DSR. Toutefois, la détention de la journaliste avait rapidement suscité l’incompréhension, plusieurs observateurs estimant que sa responsabilité directe dans les faits n’avait pas été établie publiquement.
Toujours selon certaines sources, des versions contradictoires avaient circulé sur l’implication du petit frère de Judith Asina, certains évoquant des ordres présumés de la journaliste dans un contexte de tensions familiales liées à un différend autour de travaux de lignes électriques installées dans une clôture familiale.
Au-delà de ces éléments non confirmés de manière indépendante, plusieurs voix avaient rappelé le principe fondamental de la responsabilité pénale individuelle, appelant à la prudence et au respect des procédures judiciaires.
Pendant sa détention, des organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse avaient exprimé leur inquiétude, dénonçant notamment les conditions de détention et demandant soit sa libération, soit la clarification officielle de son dossier.
Sa libération ce matin est donc accueillie avec soulagement par ses confrères journalistes et une partie de l’opinion, qui y voient une issue apaisante à une affaire devenue sensible, tant sur le plan familial que médiatique et institutionnel.
Dans un contexte sécuritaire toujours fragile dans l’est de la République démocratique du Congo, cette affaire rappelle les tensions persistantes autour de la liberté de la presse et des garanties judiciaires dans les zones affectées par les conflits.
Par ailleurs, un autre journaliste, Trésor Kyembwa, demeure toujours détenu dans une cellule sous contrôle de l’AFC/M23, sans que les motifs exacts de sa détention n’aient été rendus publics.
