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Ituri : cinq détenus suspects d’Ebola s’évadent de structures sanitaires, la population sous haute tension

Une vive inquiétude règne à Bunia et dans ses environs après l’évasion de cinq détenus considérés comme des cas suspects de la maladie à virus Ebola.

Les fugitifs, transférés vers des centres de prise en charge médicale, demeurent introuvables plusieurs jours après leur fuite, faisant craindre un risque de propagation communautaire.

Une évasion qui inquiète les autorités sanitaires

Les cinq détenus avaient été identifiés le week-end dernier à la prison centrale de Bunia, dans la province de l’Ituri. Face au risque de contamination au sein de l’établissement pénitentiaire, les autorités sanitaires avaient rapidement ordonné leur transfert vers des structures spécialisées.

Deux d’entre eux ont été admis à l’Hôpital général de référence de Bunia, tandis que trois autres ont été conduits au centre de traitement de Rwampara, situé à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de la ville.

Mais entre la nuit du 30 au 31 mai et la matinée du 1er juin, les cinq suspects ont réussi à s’échapper des centres où ils étaient pris en charge. Depuis, aucune trace d’eux n’a été retrouvée.

Une faille sécuritaire pointée du doigt

Selon plusieurs sources médicales et pénitentiaires, l’absence de dispositif de surveillance adapté a facilité cette évasion. Pour éviter une éventuelle contamination du personnel de sécurité, aucun policier n’avait été affecté à la garde rapprochée des patients suspects.

Cette décision, motivée par des considérations sanitaires, a finalement créé une brèche sécuritaire qui a permis aux détenus de prendre la fuite sans être interceptés.

La psychose gagne la population

L’annonce de cette disparition a provoqué une forte inquiétude au sein de la population de Bunia. Les habitants redoutent que ces personnes, potentiellement porteuses du virus, puissent multiplier les contacts avec la communauté sans aucun suivi médical.

Les autorités sanitaires craignent également que cette situation ne complique les efforts de surveillance épidémiologique déjà mis en place dans la région.

La prison de Bunia renforce ses mesures de prévention

Face à cette situation préoccupante, la direction de la prison centrale de Bunia a renforcé les dispositifs de prévention afin de protéger les autres détenus et le personnel pénitentiaire.

Avec l’appui du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), l’établissement a été doté de produits chlorés, de dispositifs de lavage des mains ainsi que de thermomètres infrarouges destinés au contrôle systématique de la température.

Parallèlement, plusieurs partenaires humanitaires se mobilisent. La MONUSCO prévoit la mise en place d’un centre de transit destiné aux futurs cas suspects détectés en milieu carcéral, tandis que l’ONG Caritas s’apprête à former des éducateurs pairs afin de renforcer la sensibilisation aux mesures de prévention contre Ebola.

La priorité : retrouver les fugitifs

Alors que les opérations de recherche se poursuivent, les autorités locales considèrent la localisation rapide des cinq évadés comme une priorité absolue. Leur arrestation et leur retour dans des structures de prise en charge médicale sont jugés essentiels pour prévenir tout risque de transmission et rassurer une population déjà marquée par plusieurs épisodes épidémiques dans l’est de la République démocratique du Congo.

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