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RDC–Côte d’Ivoire : Kinshasa et Abidjan unissent leurs forces pour transformer le cacao en Afrique

Les deux pays veulent capter davantage de richesses grâce à la transformation locale des fèves

La République démocratique du Congo et la Côte d’Ivoire ont décidé de renforcer leur coopération dans la filière cacao avec une ambition commune : transformer davantage de fèves sur le continent afin de créer plus de valeur ajoutée en Afrique et réduire la dépendance aux marchés extérieurs.

Cet engagement a été réaffirmé mardi à Abidjan lors d’une réunion stratégique entre le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et son homologue ivoirien du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Kalil Konaté. La rencontre s’est tenue en marge de la signature de l’Accord international sur le cacao de l’Organisation internationale du cacao (ICCO).

Miser sur l’industrialisation pour conquérir le marché africain

Pour Kinshasa et Abidjan, l’avenir de la filière passe par la transformation locale des matières premières. Les deux gouvernements estiment que l’Afrique doit tirer davantage profit de sa production cacaoyère en développant des industries capables de fabriquer localement des produits à forte valeur ajoutée.

Cette stratégie vise également à répondre aux besoins d’un marché continental en pleine expansion, soutenu par plus de 1,4 milliard de consommateurs dans le cadre de l’intégration économique africaine.

Les discussions ont également mis en lumière le rôle stratégique du projet hydroélectrique Inga en RDC. Les deux parties considèrent cette infrastructure comme un facteur essentiel pour garantir un approvisionnement énergétique fiable, indispensable au développement d’industries de transformation du cacao à grande échelle.

L’accès à une énergie abondante et compétitive est perçu comme l’un des principaux leviers pour accélérer l’industrialisation du secteur agroalimentaire africain.

Face aux fluctuations récurrentes des prix du cacao sur les marchés internationaux, la RDC et la Côte d’Ivoire souhaitent harmoniser leurs positions afin de mieux défendre les intérêts des pays producteurs.

Les échanges ont également porté sur la montée des produits de substitution utilisés par certaines industries occidentales. Une tendance qui inquiète les pays producteurs, lesquels craignent une baisse progressive de la demande en cacao naturel.

L’expertise ivoirienne au service du cacao congolais

Premier producteur mondial de cacao avec près de deux millions de tonnes produites chaque année, la Côte d’Ivoire mettra son expérience à la disposition de la RDC pour accompagner la structuration de la filière.

Cette coopération devrait notamment concerner l’organisation des coopératives agricoles, la protection des producteurs, l’amélioration de la traçabilité ainsi que l’encadrement des acteurs locaux du secteur.

Pour la RDC, qui dispose d’importantes potentialités agricoles encore sous-exploitées, ce partenariat représente une opportunité de renforcer sa production et de développer une véritable industrie nationale de transformation.

Dans le cadre de sa mission à Abidjan, le ministre Julien Paluku Kahongya doit également être reçu au siège de la Banque africaine de développement (BAD). Les discussions porteront notamment sur les mécanismes de financement susceptibles d’accompagner la création de chaînes de valeur industrielles en Afrique.

Cette démarche s’inscrit dans la volonté des autorités congolaises de mobiliser des investissements capables de soutenir la transformation locale des matières premières et d’accélérer l’industrialisation du pays.

À travers ce rapprochement, Kinshasa et Abidjan affichent leur volonté de construire une filière cacao plus compétitive, moins dépendante des exportations de matières brutes et davantage orientée vers la création de richesses sur le continent.

Une vision qui pourrait redessiner l’avenir de l’industrie cacaoyère africaine et renforcer la place des pays producteurs dans la chaîne mondiale de valeur.

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