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Accord de Washington : Kigali soutient Marco Rubio mais met en garde contre toute « application sélective » des engagements

Le Rwanda a réagi aux déclarations du secrétaire d’État américain Marco Rubio concernant la mise en œuvre de l’Accord de Washington entre Kigali et Kinshasa.

Dans un communiqué publié le 5 juin, le gouvernement rwandais a salué l’engagement des États-Unis dans la recherche d’une solution durable à la crise dans l’est de la RDC, tout en appelant au respect intégral des engagements par toutes les parties.

Le ministère rwandais des Affaires étrangères affirme apprécier la reconnaissance par Washington des efforts déployés par Kigali pour respecter ses obligations. Cependant, les autorités rwandaises estiment que les Accords de Washington ne peuvent être appliqués « de manière sélective » et que chaque signataire doit être tenu responsable de ses engagements.

« Les obligations découlant des Accords de Washington lient le Rwanda et la RDC et exigent la responsabilité de toutes les parties. Ces accords ne peuvent être appliqués de manière sélective. La partialité ne saurait résoudre les problèmes », souligne le communiqué.

Kigali accuse Kinshasa de ne pas respecter ses engagements

Le gouvernement rwandais affirme poursuivre la mise en œuvre des dispositions qui lui incombent, mais accuse parallèlement la RDC de violer plusieurs engagements essentiels. Kigali reproche notamment à Kinshasa de continuer à collaborer avec les FDLR, groupe armé que le Rwanda considère comme une menace directe pour sa sécurité nationale.

Les autorités rwandaises dénoncent également l’usage continu de drones armés dans des zones civiles et estiment que ces pratiques compromettent les efforts de paix en cours.

« Le Rwanda reste pleinement attaché aux Accords de Washington et à une collaboration constructive avec les États-Unis, les partenaires régionaux et les autres parties prenantes afin de promouvoir la paix, la sécurité et la prospérité dans la région des Grands Lacs », affirme le ministère dirigé par Olivier Nduhungirehe.

Des avancées diplomatiques limitées sur le terrain

Malgré la signature de l’Accord de Washington et les différentes réunions d’évaluation organisées depuis plusieurs mois, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC continue de se dégrader.

Les médiateurs internationaux, notamment les États-Unis et le Qatar, se heurtent à une méfiance persistante entre les parties ainsi qu’à des divergences profondes sur l’interprétation des engagements pris. Kinshasa continue notamment d’accuser le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23, une accusation régulièrement rejetée par Kigali.

Par ailleurs, le processus de Doha peine lui aussi à produire des résultats concrets. Les discussions entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 n’ont pas permis de rapprocher significativement les positions des deux camps. Même l’étape de Montreux, en Suisse, présentée comme une relance des négociations, n’a pas débouché sur les avancées espérées.

Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment que l’écart demeure important entre les progrès diplomatiques affichés et la réalité sur le terrain, où les combats, les déplacements de populations et les tensions régionales continuent d’alimenter l’instabilité dans l’est de la RDC.

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