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Pendant que le Congo pleure ses morts, Félix Tshisekedi fête son anniversaire sous les projecteurs

La célébration du 63e anniversaire du président Félix Tshisekedi continue de susciter des réactions sur les réseaux sociaux.

Parmi les voix les plus critiques figure celle de Myra Dunoyer Vahigene, experte en storytelling africain, qui a publié une réflexion virulente dénonçant le contraste entre les festivités du pouvoir et les souffrances vécues par une grande partie de la population congolaise.

Pour elle, les images d’un chef de l’État célébrant son anniversaire dans un cadre luxueux interviennent à un moment particulièrement douloureux pour le pays, marqué par l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC, les déplacements massifs de populations et les tensions politiques à Kinshasa.

« À 63 ans, pendant que des familles congolaises enterrent leurs morts, pendant que des corps sans vie s’accumulent à l’Est sous les machettes des ADF et d’autres milices, le chef de l’État danse sous les lustres, entouré de luxe, de paillettes et de sourires bien habillés », écrit-elle.

La métaphore de « La Belle et la Bête »

Dans son texte, Myra Dunoyer Vahigene recourt à la célèbre fable « La Belle et la Bête » pour illustrer ce qu’elle considère comme une rupture entre les dirigeants et la réalité du peuple.

La « Bête », explique-t-elle, symbolise un pouvoir qui s’éloigne progressivement de la souffrance des citoyens, tandis que « la Belle » représente ceux qui choisissent le silence, l’indifférence ou la complaisance face aux dérives qu’ils observent.

« Cette Belle n’est pas un symbole d’amour, mais le visage poli de la complicité », affirme-t-elle, dénonçant ceux qui continuent, selon elle, à célébrer le pouvoir malgré les drames qui frappent le pays.

Une critique de la gouvernance et des priorités

Au-delà de la polémique autour d’un anniversaire présidentiel, la réflexion de Myra Dunoyer Vahigene s’attaque à ce qu’elle considère comme une crise morale de la gouvernance.

L’auteure estime qu’un dirigeant confronté à des crises sécuritaires et humanitaires majeures devrait privilégier la sobriété, le recueillement et la redevabilité plutôt que les manifestations de faste.

« Un anniversaire au sommet de l’État, dans un pays meurtri comme la RDC, ne devrait jamais être une fête somptueuse, mais un moment de recueillement, de redevabilité, de bilan devant un peuple qui paie chaque jour le prix du chaos », soutient-elle.

Selon elle, l’âge et l’expérience ne suffisent pas à garantir la sagesse politique.

« La maturité n’est pas une question de bougies sur un gâteau, c’est une question de conscience devant les morts, les déplacés, les affamés », écrit-elle encore.

« Choisir entre le bal et les endeuillés »

La conclusion de son texte prend la forme d’un appel à la responsabilité collective. Pour Myra Dunoyer Vahigene, les Congolais sont désormais confrontés à un choix moral et politique.

« Nous ne pouvons pas normaliser le spectacle de dirigeants qui dansent dans la lumière pendant que le pays saigne dans l’ombre », martèle-t-elle.

Et de conclure avec une formule qui résume l’ensemble de son réquisitoire :

« Un jour, il faudra choisir clairement : être du côté du bal ou du côté des endeuillés. Les images passeront, mais la mémoire des morts, elle, ne s’efface pas. »

À travers cette prise de position, Myra Dunoyer Vahigene relance un débat récurrent en RDC : celui de la responsabilité des élites face aux souffrances de la population et de la symbolique des actes posés par les dirigeants dans un contexte de crise nationale.

Commentaires (Total : 1)

P
Pathy Buffle 15/06/2026 05:21:16

Merci, Mme Myra, pour cette analyse objective. Quelles honte et humiliation pour la RDC causées par Félix! Quel niveau de traîtrise de Félix pour son pays!

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