Les drapeaux sont prêts » : un proche de Katumbi annonce une future République de l’Est
De nouvelles déclarations de Patrick Mundeke, conseiller de l’opposant Moïse Katumbi, suscitent une vive controverse en République démocratique du Congo.
Lors d’une intervention largement relayée sur les réseaux sociaux, Patrick Mundeke a affirmé que les populations de l’Est du pays avaient le droit de choisir leur avenir politique, allant jusqu’à évoquer la création prochaine d’une « République unie des Swahilophones ».
« Nous n'avons pas peur de Tshisekedi, même les armes nous allons les prendre pour défendre cette Constitution », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Bientôt, la République unie des Swahilophones verra le jour. C’est aussi le droit des populations de l’Est qui le souhaitent. Les drapeaux sont en train d’être imprimés pour la nouvelle République de l’Est, qui regroupera le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema et l’Ituri. »
Patrick Mundeke a également lancé une pique au chef de l’État en affirmant que « Tshisekedi n’a pas le monopole de la folie ».
Des réactions indignées
Ces déclarations ont rapidement provoqué de nombreuses réactions parmi les Congolais, alors que la question de l’intégrité territoriale demeure particulièrement sensible dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays.
À Beni, Degaulle Ngimbi condamne fermement les propos du conseiller de Moïse Katumbi.
« Vous qui espérez à la balkanisation du Congo, je vous maudis tous. Certains parmi vous seront engloutis dans ce coin du pays cette année même sans que leur rêve machiavélique se réalise. Bandes d’inconscients », déclare-t-il.
Pour lui, toute initiative visant à remettre en cause l’unité nationale constitue une menace directe pour l’avenir de la RDC et pour les sacrifices consentis par les populations affectées par les conflits armés dans l’Est.
Un débat qui divise
D’autres voix estiment toutefois que la situation actuelle du pays nourrit déjà les inquiétudes sur une possible fragmentation du territoire.
C’est le cas de Pius Mwamba, qui considère que l’incapacité de l’État à rétablir pleinement son autorité dans certaines zones de l’Est alimente ce sentiment.
« Et bizarrement, Félix Tshisekedi n’a pas les moyens de récupérer ces zones. Donc, d’une manière ou d’une autre, le pays est déjà balkanisé. Il ne manque plus qu’un référendum qui viendrait légaliser cette balkanisation », affirme-t-il.
Une question hautement sensible
La question de la balkanisation de la RDC revient régulièrement dans le débat public, particulièrement à la suite de l’aggravation de l’insécurité dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.
Si certains observateurs considèrent ces déclarations comme de simples provocations politiques, d’autres y voient des propos susceptibles d’exacerber davantage les tensions dans un pays confronté à de multiples défis sécuritaires et politiques.
À ce stade, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée de la part du gouvernement congolais ou du parti de Moïse Katumbi concernant les déclarations attribuées à Patrick Mundeke.

Commentaires (Total : 1)
Claude Omari
Le Congo est un et indivisible. Relisez l’hymne national si vous le chantez sans comprendre la quintessence