Washington frappe le réseau d’or du M23 : une raffinerie rwandaise sanctionnée pour pillage des minerais congolais
Les États-Unis ont annoncé, mercredi 25 juin, de nouvelles sanctions visant la raffinerie rwandaise Gasabo Gold Refinery LTD, basée à Kigali, ainsi que plusieurs acteurs de son réseau, accusés de participer au blanchiment et à l’exportation de l’or extrait illégalement dans l’est de la République démocratique du Congo au profit du groupe armé M23.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité, conclus le 4 décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine.
Selon le département du Trésor américain, les personnes et entités sanctionnées auraient contribué à faire sortir clandestinement des minerais de conflit de la RDC afin de financer les activités du M23, mouvement rebelle que Washington continue de considérer comme soutenu par Kigali.
Une série de sanctions contre les soutiens du M23
Ces nouvelles mesures interviennent après plusieurs sanctions américaines prises ces derniers mois. Le 2 mars 2026, les États-Unis avaient déjà sanctionné des responsables des Forces de défense rwandaises (RDF). Le 30 avril, l’ancien président congolais Joseph Kabila avait également été visé, avant que plusieurs commandants de l’AFC/M23 ne soient sanctionnés le 2 juin dernier.
Washington affirme que le M23 maintient son contrôle sur plusieurs zones minières stratégiques du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment la mine de coltan de Rubaya, considérée comme l’une des plus importantes au monde pour ce minerai essentiel à l’industrie électronique.
Les autorités américaines rappellent également qu’en mars 2026, l’effondrement d’un puits dans cette zone minière avait causé la mort de plus de 200 personnes, dont plusieurs enfants.
« Les richesses minières de la RDC appartiennent au peuple congolais »
Dans une déclaration publiée à l’occasion de ces sanctions, les autorités américaines ont souligné leur volonté de couper les sources de financement des groupes armés opérant dans l’est du Congo.
« Les États-Unis sanctionnent six cibles soutenant des réseaux qui font sortir illégalement les minerais de conflit de la République démocratique du Congo pour bénéficier au groupe armé M23 soutenu par le Rwanda. Nos actions soutiennent les Accords de Washington pour la paix et la prospérité. Les richesses minières de la RDC devraient être une source d’opportunités pour le peuple congolais, et non un facteur d’instabilité », indique le département d’État américain.
Le conseiller principal américain pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos, a également dénoncé l’exploitation des ressources naturelles congolaises au profit de la rébellion.
« Le M23 et ses soutiens exploitent les vastes ressources minières de la RDC, des richesses qui appartiennent de droit au peuple congolais, pour financer des armes, payer les combattants et entretenir une insurrection déstabilisatrice qui a déclenché une grave crise humanitaire », a-t-il déclaré.
Soutenir la paix par la pression économique
Pour Washington, ces sanctions constituent un levier essentiel pour faire respecter les engagements pris dans le cadre des Accords de Washington. L’administration américaine estime que la lutte contre les circuits illicites de commercialisation des minerais est indispensable pour réduire les capacités financières des groupes armés actifs dans l’est de la RDC.
« L'action d'aujourd'hui soutient directement la mise en œuvre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité. Les ressources naturelles de la RDC doivent servir au développement du pays et au bien-être de sa population, plutôt qu'à alimenter les conflits armés », a souligné Massad Boulos.
Cette nouvelle offensive diplomatique et financière de Washington renforce ainsi la pression sur Kigali et sur les réseaux économiques accusés de tirer profit de l’exploitation illégale des minerais congolais, alors que la communauté internationale continue de réclamer une désescalade durable dans l’est de la RDC.

Commentaires (Total : 1)
Jules-Pascal RUBAN
Nous peuple congolais vivant à Bukavu, ne savons plus à quel saint se vouer. Nous sommes comme dans une prison à ciel ouvert. Que les États-Unis fassent tout afin que cette raffinerie manque des matières 1ère à traiter. Que ces accords soient pragmatiques.