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RDC-Rwanda : Kigali refuse un retrait immédiat de ses troupes et accuse Washington de ne plus être un médiateur neutre

Le Rwanda maintient ses conditions pour un retrait de ses forces de l'est de la RDC et critique ouvertement la position des États-Unis dans le processus de paix.

Le gouvernement rwandais exclut tout retrait immédiat de ses troupes déployées dans l'est de la République démocratique du Congo. Dans un entretien accordé à France 24, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a affirmé que Kigali ne procédera à aucun désengagement tant que la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ne sera pas réglée conformément aux engagements prévus dans le cadre du Concept des opérations (CONOPS).

Cette déclaration intervient alors que le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, avait récemment exprimé devant le Congrès américain l'espoir de voir les troupes rwandaises quitter le territoire congolais d'ici la mi-juillet, dans le cadre des efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Kinshasa et Kigali.

Pour le chef de la diplomatie rwandaise, cette échéance ne pourra être respectée que si la RDC remplit au préalable ses propres obligations.

« Le retrait des forces rwandaises est lié à la neutralisation des FDLR. Cette disposition est prévue dans le CONOPS, mais la partie congolaise n'a même pas commencé à l'appliquer », a déclaré Olivier Nduhungirehe.

Kigali renvoie la responsabilité du blocage à Kinshasa

Selon le ministre rwandais, le Rwanda a déjà soumis un calendrier précis destiné à accélérer la mise en œuvre du mécanisme convenu entre les deux pays.

Kigali estime que les retards observés dans le processus de désescalade sont principalement imputables aux autorités congolaises, accusées de ne pas respecter les engagements sécuritaires prévus dans les accords en discussion.

Cette position risque d'alimenter davantage les tensions diplomatiques entre les deux pays alors que la communauté internationale continue de réclamer une désescalade rapide dans l'est de la RDC, théâtre d'affrontements persistants entre les forces gouvernementales, les groupes armés et la rébellion de l'AFC/M23.

Le Rwanda accuse Washington de partialité

Au-delà de la question du retrait des troupes, Kigali a également vivement critiqué le rôle joué par les États-Unis dans le processus de médiation.

Le ministre rwandais a dénoncé ce qu'il considère comme un traitement inéquitable de la part de Washington, rappelant les sanctions prises ces derniers mois contre des responsables militaires rwandais ainsi que contre une raffinerie d'or accusée d'avoir participé au commerce de minerais provenant des zones contrôlées par le M23.

« Ce n'est plus un médiateur neutre », a affirmé Olivier Nduhungirehe, estimant que les sanctions américaines ont ciblé exclusivement le Rwanda sans mesures comparables à l'encontre de Kinshasa.

Le chef de la diplomatie rwandaise soutient que cette approche fragilise la crédibilité des États-Unis dans leur rôle d'intermédiaire entre les deux pays.

Kigali affirme agir par conviction et non sous la pression

Malgré les sanctions américaines et les critiques croissantes de plusieurs partenaires internationaux, le Rwanda assure que ses décisions sont guidées par ses propres impératifs sécuritaires.

« Le Rwanda agit par engagement national et non sous la contrainte des sanctions », a insisté Olivier Nduhungirehe.

Cette déclaration traduit la volonté de Kigali de maintenir sa ligne diplomatique malgré les pressions exercées par Washington et d'autres acteurs internationaux qui réclament un retrait rapide des forces rwandaises du territoire congolais.

Un processus de paix toujours fragile

Ces nouvelles déclarations interviennent à un moment crucial des négociations entre la RDC et le Rwanda. Alors que les initiatives diplomatiques menées sous l'égide des États-Unis, du Qatar et de l'Union africaine se poursuivent, les divergences entre les deux pays restent profondes sur les conditions de mise en œuvre des engagements sécuritaires.

D'un côté, Kinshasa continue d'exiger le retrait des forces rwandaises et la fin du soutien présumé au M23. De l'autre, Kigali conditionne tout retrait à la neutralisation effective des FDLR qu'il considère comme une menace directe pour sa sécurité nationale.

Dans ce contexte, l'objectif d'une désescalade rapide paraît encore difficile à atteindre, malgré les efforts diplomatiques en cours et les pressions croissantes de la communauté internationale pour mettre fin à l'instabilité qui secoue l'est de la République démocratique du Congo.

 

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