Constitution en RDC : suspendu, le maire de Tshikapa affirme n'avoir déchiré qu'une simple feuille de carnet
Le maire de Tshikapa, Faustin Lumuluabu, rejette les accusations selon lesquelles il aurait publiquement déchiré un exemplaire de la Constitution de la République démocratique du Congo lors d’un meeting populaire. Au cours d’un point de presse organisé après la diffusion d’images controversées sur les réseaux sociaux, l’autorité urbaine a assuré qu’il ne s’agissait pas de la loi fondamentale, mais simplement d’une feuille arrachée à son carnet.
« En ma qualité de scientifique, je ne peux pas déchirer un livre scientifique, quel qu'il soit. Avocat de mon état et enseignant de droit constitutionnel, je connais la portée de ce que l'on appelle la Constitution », a-t-il déclaré devant les médias.
Une mise au point face à la polémique
Les images diffusées ces derniers jours avaient provoqué une vive controverse en RDC. Plusieurs acteurs politiques et membres de la société civile avaient dénoncé ce qu’ils considéraient comme une atteinte aux symboles de la République, alors que le pays est traversé par un débat sensible sur une éventuelle révision de la Constitution.
Face aux critiques, Faustin Lumuluabu affirme avoir été victime d’une mauvaise interprétation de son geste. Selon lui, aucune copie de la Constitution n’a été détruite durant le rassemblement.
Cette explication n’a toutefois pas suffi à calmer les tensions. L’Assemblée provinciale du Kasaï a recommandé à l’unanimité sa suspension auprès du gouverneur de province.
« Mon droit à la défense doit être respecté »
Réagissant à cette démarche, le maire de Tshikapa estime que les procédures n’ont pas été respectées. Il soutient qu’avant toute mesure disciplinaire, il aurait dû être officiellement entendu par les autorités compétentes.
« Je demande simplement que mon droit à la défense soit respecté », a-t-il insisté, regrettant qu’une recommandation de suspension ait été formulée sans qu’il ait été convoqué pour fournir sa version des faits.
Cette position ouvre désormais un nouveau volet du dossier, celui du respect des procédures administratives et des garanties accordées aux responsables publics mis en cause.
Un soutien assumé au changement de la Constitution
Au-delà de la polémique, Faustin Lumuluabu n’a pas cherché à dissimuler ses convictions politiques. Il a réaffirmé son adhésion à l’idée d’un changement de la Constitution, sujet qui alimente actuellement de vifs débats à travers le pays.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs figures de la majorité soutenant le président Félix Tshisekedi plaident pour une réforme constitutionnelle, tandis que l’opposition et certains acteurs de la société civile dénoncent une initiative susceptible de fragiliser l’équilibre institutionnel du pays.
L’affaire du maire de Tshikapa, désormais au centre de l’attention nationale, illustre ainsi les tensions croissantes autour de la question constitutionnelle en RDC, un sujet qui continue de polariser la classe politique congolaise.
