66 ans de l’indépendance : ce qu’il faut retenir du discours de Félix Tshisekedi
À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a livré un discours aux accents à la fois politiques, sécuritaires et économiques.
De la réforme constitutionnelle à la guerre dans l'Est, en passant par Ebola, les ressources stratégiques et l'exploit historique des Léopards, le chef de l'État a multiplié les messages destinés à la nation et à la communauté internationale.
Constitution : Tshisekedi prône le débat, mais rejette toute précipitation
Sur la question sensible de la réforme constitutionnelle, qui alimente depuis plusieurs mois un vif débat politique, Félix Tshisekedi a annoncé avoir transmis la loi référendaire à la Cour constitutionnelle avant toute promulgation.
Le président a reconnu la légitimité du débat tout en mettant en garde contre les dérives.
« Le débat constitutionnel est légitime, mais il ne peut être guidé par la précipitation, la manipulation ou la désinformation. »
Il a également lancé un avertissement à ceux qui tenteraient de recourir à la violence pour faire avancer leurs revendications.
« La violence et la désinformation ne peuvent constituer un mode d'expression politique ni ouvrir un droit à la négociation. »
Le chef de l'État a enfin appelé l'ensemble de la classe politique, majorité comme opposition, à faire preuve de retenue et de responsabilité afin de préserver la stabilité du pays.
Est de la RDC : une paix conditionnée à des résultats concrets
Concernant la crise sécuritaire dans l'Est du pays, le président congolais a adopté un ton ferme. Il a indiqué que les accords conclus dans différents cadres diplomatiques, notamment à Washington, Doha et Montreux, ne seront jugés qu'à l'aune de leurs résultats sur le terrain.
« La validité de ces accords dépendra de résultats concrets, vérifiables et irréversibles. »
Félix Tshisekedi a réitéré ses exigences : retrait des forces étrangères, cessation de tout soutien aux groupes armés et justice pour les victimes des violences.
« La paix ne peut être un compromis sur notre souveraineté ou sur notre intégrité territoriale. »
S'adressant directement aux habitants des provinces touchées par la guerre, il a tenu à envoyer un message d'espoir :
« Vous n'êtes pas oubliés. »
Ressources minières : la fin de l'exportation des minerais bruts
Sur le plan économique, le président a affiché sa volonté de transformer en profondeur le modèle d'exploitation des ressources naturelles du pays.
Selon lui, l'époque où la RDC exportait ses minerais sans valeur ajoutée doit prendre fin.
« L'époque de l'exportation des minerais à l'état brut est révolue. »
Le chef de l'État a notamment insisté sur la nécessité de développer localement les chaînes de transformation du cobalt, du cuivre, du coltan et du lithium afin de créer des emplois et d'accroître les revenus nationaux.
Il a également conditionné le renforcement du partenariat avec les États-Unis à des investissements favorisant l'industrialisation locale.
Félix Tshisekedi a par ailleurs défendu sa vision d'une RDC devenue un « pays solutions », capable de jouer un rôle stratégique dans la transition énergétique mondiale.
Une souveraineté à quatre dimensions
Le président a développé sa vision d'une souveraineté nationale reposant sur quatre piliers : la sécurité, l'économie, le numérique et la diplomatie.
Cette approche vise, selon lui, à renforcer l'autonomie du pays face aux défis géopolitiques, technologiques et économiques du XXIᵉ siècle.
Diplomatie : cap sur les Nations Unies
Sur la scène internationale, Félix Tshisekedi a annoncé qu'il présidera le mois prochain une réunion de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée aux liens entre ressources naturelles, paix et développement.
Le chef de l'État a également plaidé pour une réforme de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs afin qu'elle devienne « plus utile et plus efficace » face aux défis régionaux.
Il a profité de son discours pour remercier plusieurs partenaires internationaux, notamment les États-Unis, le Qatar, l'Union africaine, les Nations Unies, la SADC et l'Communauté d'Afrique de l'Est.
Ebola : un plan de riposte de 319 millions de dollars
Le président a également évoqué la résurgence de l'épidémie d'Maladie à virus Ebola, qui touche principalement la province de l'Ituri.
Reconnaissant la gravité de la situation, il a annoncé un plan global de riposte évalué à 319 millions de dollars.
Il a aussi appelé les populations à rester vigilantes et à ne pas céder aux fausses informations.
« Ebola n'est ni une rumeur ni une honte. »
Les Léopards, symbole d'unité nationale
Le président n'a pas manqué de saluer l'exploit historique des Équipe nationale de football de la République démocratique du Congo, qualifiés pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde, une première depuis plus d'un demi-siècle.
Pour lui, cette performance dépasse largement le cadre sportif.
« Cette qualification est un symbole puissant d'unité nationale. »
À la veille du match face à l'Équipe d'Angleterre de football, il a adressé un message personnel aux joueurs congolais :
« Entrez avec l'audace de ceux qui savent que l'histoire n'a pas livré son dernier mot. »
Une vision pour 2030, 2040 et 2050
En conclusion, Félix Tshisekedi a présenté sa vision du Congo des prochaines décennies, articulée autour de l'éducation, de la santé, de la création d'emplois, des infrastructures et du développement humain.
Il a également insisté sur la place de la diaspora congolaise dans la construction de cette ambition nationale.
Le chef de l'État a terminé son adresse par un appel à l'unité et à l'engagement collectif :
« Unis dans la vérité. Ferme dans la souveraineté. Responsables dans l'action. Solidaires dans l'effort. Confiants dans l'avenir. »
À travers ce discours, le président congolais a cherché à projeter l'image d'un pays résolument tourné vers l'avenir, tout en rappelant que les défis sécuritaires, sanitaires et économiques demeurent au cœur des priorités nationales.
