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Kananga : des prêtres soutiennent le changement de la Constitution et prennent leurs distances avec la CENCO

Dix-sept prêtres de l’archidiocèse de Kananga ont publié, le 30 juin, une « mise au point » dans laquelle ils prennent leurs distances avec le récent message de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) sur la question de la révision de la Constitution.

Les signataires estiment que la déclaration des évêques ne constitue ni une interdiction ni un obstacle à une éventuelle modification de la Loi fondamentale, pourvu que celle-ci respecte les mécanismes prévus par la Constitution.

Dans leur document, les prêtres expliquent avoir voulu réagir aux tensions observées à Kananga après la publication du message de la CENCO. Ils évoquent notamment des « insultes et intimidations » visant des membres du clergé, des perturbations lors de célébrations religieuses ainsi que des attaques verbales sur les réseaux sociaux.

« Nous tenons à éclairer l’opinion aussi bien provinciale, nationale qu’internationale », écrivent-ils en préambule, affirmant agir par souci de paix sociale et de responsabilité pastorale.

« Un message et non un décret »

Les signataires rappellent que la déclaration de la CENCO du 19 juin relève de la liberté d’expression et ne possède aucun caractère contraignant.

« Cette déclaration des évêques de la CENCO n’est ni un décret, ni un arrêté, encore moins une décision, mais un message », soulignent-ils.

Selon eux, le texte des évêques ne saurait empêcher « un possible changement de la Constitution » ni limiter « l’expression du libre arbitre des citoyens ».

Les prêtres insistent également sur le fait que les évêques ont le droit d’exprimer leur opinion dans le débat public, au même titre que tout citoyen congolais, en référence à l’article 23 de la Constitution garantissant la liberté d’expression.

Soutien à une révision par voie légale

La prise de position la plus marquante concerne la question de la révision constitutionnelle. Les prêtres rappellent que l’article 218 de la Constitution prévoit explicitement les mécanismes permettant d’engager une telle procédure.

« La révision (le changement) de la Constitution est constitutionnelle », affirment-ils, citant les dispositions qui accordent notamment cette initiative au Président de la République, au gouvernement, au Parlement ou à une fraction du peuple congolais.

Les signataires affichent ensuite clairement leur position :

« Nous soutenons le changement éventuel de la Constitution de 2006, le cas échéant, s’il suit tout moyen légal par lequel il peut être possible. »

Cette déclaration contraste avec les mises en garde exprimées récemment par plusieurs responsables ecclésiastiques qui redoutent qu’un débat sur la Constitution ne fragilise davantage le climat politique et sécuritaire du pays.

Appel à l’apaisement et au respect de l’Église

Les prêtres de Kananga lancent également un appel à la retenue, particulièrement à l’endroit des jeunes, afin d’éviter tout acte dirigé contre les infrastructures ou le personnel de l’Église.

« Nous invitons tous les Congolais au respect du personnel ecclésiastique établi à leur service : évêques, prêtres et personnes consacrées », écrivent-ils.

Ils soulignent par ailleurs que les évêques signataires du message de la CENCO ne doivent pas être individuellement pris pour cible en raison de leur participation à une déclaration collective.

Soutien aux actions du chef de l’État

Dans leur conclusion, les prêtres appellent les Congolais à promouvoir l’unité nationale, la tolérance politique et confessionnelle ainsi que l’amour de la patrie.

Ils expriment également leur soutien aux initiatives du président Félix Tshisekedi, estimant que leurs effets sont visibles à Kananga et dans d’autres régions du pays.

« Nous exhortons tous nos chers compatriotes (...) au soutien des actions du Président de la République, lesquelles actions sont concrètes et palpables à Kananga et à travers toute la République », déclarent-ils.

Publiée le jour du 66e anniversaire de l’indépendance de la RDC, cette prise de position illustre les débats qui traversent actuellement aussi bien la société congolaise que certains milieux religieux autour de la question d’une éventuelle révision de la Constitution de 2006.

Commentaires (Total : 1)

B
BOLONGO Breloc 02/07/2026 12:09:14

La position des prêtres de Kananga est à saluer, aussi doivent-ils se désolidariser de Ambongo et de la cenco, puis faire rapport au Pape.

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