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Ceux qui ont contribué à la crise ne peuvent décider seuls de l’avenir du pays » : la société civile interpelle Ndayishimiye sur la RDC

Alors que la République démocratique du Congo traverse une crise sécuritaire, politique et sociale sans précédent, la société civile congolaise hausse le ton et appelle le président en exercice de l'Union africaine, Évariste Ndayishimiye, à ne pas limiter ses consultations aux seuls acteurs politiques.

Dans une déclaration portée par Me Patient Bashombe Matabishi, plusieurs organisations citoyennes réclament une place à la table des discussions engagées sous l'égide de l'Union africaine afin de contribuer à la recherche de solutions durables pour la RDC.

Pour ces acteurs, l'avenir du pays ne peut être décidé exclusivement par ceux qui ont participé, directement ou indirectement, à la crise actuelle.

« Ceux qui ont, à des degrés divers, contribué à la crise actuelle ne sauraient définir seuls l'avenir du pays. »

« La paix ne se négocie pas entre politiciens uniquement »

Face à la poursuite de la guerre dans l'Est, à l'affaiblissement de la cohésion nationale et à la montée de la défiance envers les institutions, la société civile estime que les consultations de l'Union africaine représentent une occasion rare de repenser l'avenir du pays.

Mais elle prévient : toute démarche qui exclurait les forces vives de la Nation risquerait de manquer sa cible.

« La paix ne peut être construite dans le seul cercle des acteurs politiques. »

Les organisations citoyennes plaident pour une participation active des femmes, des jeunes, des confessions religieuses, des chefs coutumiers, du monde universitaire et des mouvements associatifs.

Selon elles, ces acteurs sont souvent les premiers témoins des souffrances des populations et les mieux placés pour faire remonter les attentes réelles des communautés.

Une crise qui dépasse la seule question sécuritaire

Pour la société civile, la crise congolaise ne se limite pas aux affrontements armés qui secouent l'Est du pays.

Elle est également institutionnelle, économique, sociale et politique.

Le document souligne une « méfiance croissante entre gouvernants et gouvernés » ainsi qu'une fragilisation de l'État qui menace la stabilité du pays.

« La République démocratique du Congo traverse l'une des périodes les plus préoccupantes de son histoire récente. »

Dans ce contexte, les consultations initiées par Évariste Ndayishimiye sont perçues comme une opportunité de bâtir un consensus national autour des réformes nécessaires au redressement du pays.

Le Manifeste de Kasangulu au cœur des propositions citoyennes

Au-delà du constat, la société civile affirme disposer d'une véritable feuille de route.

Elle souhaite présenter officiellement le « Manifeste de Kasangulu pour la Refondation et le Redressement de la République démocratique du Congo », un document élaboré à l'issue d'une réflexion citoyenne visant à proposer des pistes concrètes de sortie de crise.

Les auteurs du texte considèrent cette initiative comme une contribution majeure au débat national.

« La société civile n'est pas un simple témoin de la crise. Elle est l'expression des aspirations profondes des populations. »

Selon les promoteurs du manifeste, ce document porte une vision globale de reconstruction de l'État fondée sur la gouvernance responsable, le renforcement des institutions et la participation citoyenne.

Un appel direct à l'Union africaine

À travers cette prise de position, les organisations citoyennes lancent un message clair au président burundais Évariste Ndayishimiye, chargé de conduire les consultations régionales sur la crise congolaise.

Elles demandent que les représentants de la société civile, des femmes et des jeunes soient associés de manière officielle aux discussions.

« Ces consultations gagneront en crédibilité, en légitimité et en efficacité si elles intègrent les propositions des forces vives de la Nation. »

Pour les signataires, la recherche d'une paix durable ne peut reposer uniquement sur des compromis entre acteurs politiques ou militaires.

« Le temps est venu de faire confiance au peuple organisé »

Au terme de leur plaidoyer, les responsables de la société civile lancent un appel à une nouvelle approche de la gouvernance et de la résolution des conflits en RDC.

Ils estiment que le peuple congolais doit devenir un acteur central des décisions qui concernent son avenir.

« Le temps est venu de faire confiance au peuple organisé. »

Et de conclure :

« La refondation de la République démocratique du Congo ne pourra se faire sans la société civile ; elle devra se construire avec elle. »

À l'heure où les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter de sortir la RDC de l'impasse, cette interpellation met en lumière une revendication de plus en plus forte : celle d'une paix construite non seulement par les dirigeants, mais aussi par les citoyens qui vivent chaque jour les conséquences de la crise.

Commentaires (Total : 2)

M
Melchior Lucien 04/07/2026 22:55:15

Même si c'est l'union africaine qui l'organise, il serait mieux de faire participer même les parrains politiques étrangers et les différents défenseurs des droits humains !

M
Melchior Lucien 04/07/2026 22:50:26

Pour cette forme de réconciliation, rien ne sera résolu si l'on ne considère pas toutes les couches, à fortiori le peuple, pourqoi pas même les représentants des différents rebelles !

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