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Le grand gagnant de la crise congolaise s'appelle Félix Tshisekedi : même le temps semble voter pour lui

Alors que les initiatives diplomatiques se multiplient autour du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, certains observateurs estiment que le président Félix Tshisekedi est en train de remporter une bataille essentielle : celle du temps.

C’est la thèse défendue par Rodriguez Katsuva, qui considère que le chef de l’État congolais parvient, depuis plusieurs années, à imposer son rythme à ses adversaires politiques comme aux différents médiateurs internationaux.

Selon cette analyse, l’envoi de plusieurs figures de l’opposition au Burundi pour des consultations politiques a contribué à désamorcer la dynamique de la marche prévue le 8 juillet. De même, l’ouverture affichée au dialogue avec diverses composantes de la classe politique aurait affaibli la mobilisation autour d’une autre manifestation annoncée pour le 22 juillet.

« En acceptant de dialoguer avec tout le monde, il met du plomb dans les ailes des mouvements de contestation. Les manifestations qui pouvaient créer un rapport de force semblent perdre progressivement leur impact », estime Rodriguez Katsuva.

Une diplomatie du temps

Depuis 2022, plusieurs processus de médiation se sont succédé pour tenter de résoudre la crise sécuritaire dans l’est du pays. Nairobi, Luanda, Doha, Lomé et plus récemment Washington ont accueilli ou soutenu des initiatives visant à rapprocher les parties en conflit.

Pour Rodriguez Katsuva, cette multiplication des cadres de négociation a surtout permis au pouvoir de gagner du temps.

« Il mène en bateau les médiateurs et les négociateurs depuis plusieurs années. Pendant que les discussions se poursuivent, il conserve l’initiative politique et diplomatique », affirme-t-il.

L’analyste souligne également que les sanctions internationales ont principalement visé des acteurs armés, des responsables politiques ou des personnalités liées au conflit, tandis que le gouvernement congolais a jusqu’ici échappé à des mesures similaires.

« Tout le monde a reçu sa dose de sanctions, sauf Kinshasa. Sur le plan diplomatique, Félix Tshisekedi semble sortir gagnant », soutient-il.

Une victoire diplomatique, mais pas militaire

Cette lecture reconnaît toutefois les limites de cette stratégie. Si le pouvoir congolais marque des points sur la scène diplomatique, la situation militaire reste beaucoup plus complexe.

Les affrontements dans l’est du pays se poursuivent et de vastes territoires continuent de subir les conséquences de l’insécurité.

« Il peut gagner du temps sur le terrain diplomatique, mais il reste confronté à une réalité difficile sur le terrain militaire », observe Rodriguez Katsuva.

Selon lui, ce temps gagné permet néanmoins à Kinshasa de renforcer progressivement ses capacités de défense, notamment grâce à l’acquisition de nouveaux équipements militaires.

Les populations, premières victimes du statu quo

Au-delà des calculs politiques et diplomatiques, ce sont surtout les populations civiles qui paient le prix de cette guerre prolongée.

Dans plusieurs zones touchées par le conflit, les habitants font face à des restrictions de déplacement, à la fermeture de certaines infrastructures, à des perturbations économiques et à une grande incertitude quant à l’avenir.

« Les vies de millions de personnes sont comme mises sur pause. Les difficultés s’accumulent chaque jour davantage pour les familles prises au piège du conflit », déplore Rodriguez Katsuva.

Alors que les discussions diplomatiques se poursuivent et que les acteurs politiques continuent d'affûter leurs stratégies, une question demeure : combien de temps encore les Congolais devront-ils attendre avant de voir émerger une solution durable à une crise qui s'enlise depuis des années ?

Commentaires (Total : 1)

A
Alexandre mbala 18/07/2026 10:10:26

Dieu fera grâce

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