« J'ai été manipulé » : Lambert Mende accuse Joseph Kabila d'un spectaculaire revirement sur le Rwanda
L'ancien ministre de la Communication et ex-porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, affirme avoir été « manipulé » par l'ancien président Joseph Kabila durant les douze années où il a défendu l'action de son gouvernement.
Dans une déclaration qui suscite de nombreuses réactions, Lambert Mende explique qu'il relayait, à l'époque, un discours officiel présentant le Rwanda comme le principal agresseur de la République démocratique du Congo.
Selon lui, l'attitude adoptée plus récemment par Joseph Kabila constitue un revirement radical qui l'a amené à reconsidérer sa propre position.
« J'ai été manipulé par Joseph Kabila », a déclaré Lambert Mende, estimant que l'ancien chef de l'État a effectué « un virage à cent quatre-vingts degrés » en « banalisant l'agression rwandaise » après avoir quitté le pouvoir.
Pour l'ancien porte-parole, cette contradiction démontre que le discours qu'il défendait pendant son mandat ne reflétait pas nécessairement toute la réalité dont disposait le président de la République.
« Pendant douze ans, j'ai porté la parole du gouvernement en m'appuyant sur les orientations du chef de l'État. Aujourd'hui, lorsqu'il tient un discours totalement différent, je constate simplement que j'ai été manipulé », a-t-il soutenu.
« Une girafe qui voit plus loin »
Pour illustrer son raisonnement, Lambert Mende a comparé le rôle du chef de l'État à celui d'une girafe.
« Un président de la République est comme une girafe qui a le cou très long. Il voit beaucoup plus loin que les autres grâce aux informations dont disposent les services de renseignement, les forces de sécurité et l'armée qu'il dirige », a expliqué l'ancien ministre.
Selon lui, cette différence d'accès à l'information peut conduire les responsables politiques et les porte-parole à défendre une ligne officielle sans disposer de tous les éléments.
« Être manipulé dans ces conditions n'a rien de honteux. C'est un simple constat de fait », a-t-il affirmé.
Une critique qui pourrait aussi viser Félix Tshisekedi
Lambert Mende insiste toutefois sur le fait que sa prise de position ne relève pas d'une attaque personnelle contre Joseph Kabila, mais d'un principe qu'il dit appliquer à tous les dirigeants.
« Si demain Félix Tshisekedi venait à tenir un discours totalement opposé à celui qu'il défend aujourd'hui sur le Rwanda, je dirais exactement la même chose. Je reconnaîtrais également avoir été manipulé », a-t-il déclaré.
Par cette affirmation, l'ancien ministre soutient vouloir juger les responsables politiques à l'aune de la cohérence entre leurs positions lorsqu'ils exercent le pouvoir et celles qu'ils adoptent une fois qu'ils l'ont quitté.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où le débat sur les relations entre la RDC et le Rwanda demeure particulièrement sensible, alors que Kinshasa continue d'accuser Kigali de soutenir la rébellion du M23, une accusation que le Rwanda rejette
