Minerais critiques : Me Patient Bashombe porte la voix de la RDC à la conférence de haut niveau d'Accra
Comment faire des minerais critiques un moteur de paix plutôt qu'un facteur de conflits? C'est à cette question que tentent de répondre des responsables politiques, des chercheurs, des représentants de la société civile et des partenaires internationaux réunis à Accra, au Ghana, du 27 au 29 juillet, à l'occasion d'une conférence de haut niveau organisée par les Open Society Foundations.
Parmi les participants figure Me Patient Bashombe Matabishi, qui représente la République démocratique du Congo, un pays au cœur des enjeux liés aux minerais stratégiques.
La RDC possède d'importantes réserves mondiales de cobalt, de cuivre, de coltan et d'autres minerais indispensables à la transition énergétique, mais continue de faire face aux conséquences des conflits armés, de l'exploitation illicite des ressources naturelles et d'une redistribution limitée des revenus miniers.

Repenser la gouvernance des ressources naturelles
Interrogé par notre média en marge de la conférence, Me Patient Bashombe estime que le modèle actuel de gouvernance des ressources naturelles doit être profondément revu.
« Les minerais critiques ne devraient pas être une malédiction pour les populations africaines. Ils doivent devenir un levier de paix, de développement durable et de justice économique. Cela exige une gouvernance qui place enfin les citoyens au centre des décisions », affirme-t-il.
Selon lui, cette transformation passe par trois priorités : replacer les communautés au cœur de la gouvernance des ressources naturelles, rompre définitivement le lien entre l'exploitation minière, les conflits armés et les réseaux économiques illicites, puis instaurer une gestion transparente, responsable et inclusive du secteur minier.
« Tant que les populations vivant dans les zones minières ne bénéficieront pas directement des richesses extraites de leurs terres, les tensions et les frustrations persisteront. La gouvernance des ressources naturelles doit avant tout servir les intérêts des citoyens », insiste-t-il.
Miser sur la transformation locale
Pour Me Patient Bashombe, l'avenir économique du continent repose également sur sa capacité à transformer localement ses ressources.
« L'Afrique ne peut plus se limiter à exporter des matières premières. Nous devons investir dans la transformation locale, développer nos capacités industrielles et créer davantage de valeur ajoutée sur le continent. C'est ainsi que les minerais critiques deviendront un véritable moteur de prospérité pour les peuples africains. »
Il appelle également les États africains à renforcer leur coopération afin de mieux défendre leurs intérêts dans un contexte où la demande mondiale en minerais critiques ne cesse de croître avec la transition énergétique.
Des partenariats pour la paix et le développement
Au-delà des discussions en séance plénière, plusieurs rencontres bilatérales sont prévues entre Me Patient Bashombe et des représentants de la société civile, d'institutions internationales ainsi que des experts du secteur.
L'objectif est de consolider des partenariats en faveur de la paix, de la bonne gouvernance, de la transparence dans la gestion des ressources naturelles et du développement durable en Afrique.
À travers cette conférence, les participants espèrent jeter les bases d'une nouvelle vision selon laquelle les immenses richesses minières du continent ne seraient plus une source de conflits, mais un véritable moteur d'industrialisation, de stabilité et de prospérité partagée.
