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Sud-Kivu : 147 entreprises minières opèrent illégalement

L'exploitation illégale et illicite des minerais en province du Sud-Kivu à l'Est de la République Démocratique du Congo se porte à merveille. Cette exploitation est à la base de la destruction de l'écosystème et de l'appauvrissement des populations.

Le gouverneur de province du Sud-Kivu, le professeur Jean-Jacques Purusi, a, lors de sa prise des fonctions le 26 Juin 2024, fait savoir que 147 entreprises minières opèrent illégalement dans les territoires de Fizi, Mwenga et Shabunda.

Il souligne que cette exploitation illégale pollue les rivières, notamment la rivière Elila et Ulindi, où la vie animale et sauvage est complètement décimée, en toute impunité, seulement, soutient-il, parce qu'il y a des individus qui touchent des dividendes, qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs.

Cette situation fait perdre à  la province  du Sud-Kivu des millions de dollars par mois.

"Je vous dis tout simplement que, selon des recherches conduites, une entreprise qui a installé 14 drages dans la rivière Elila, une entreprise étrangère, de surcroît, génère environ 300 kilos d'or par mois. Alors que la société Primera Gold, qui appartient et que le président de la République a bien voulu créer pour stabiliser l'exportation de l'or, pour générer beaucoup plus d'argent à l'État, eh bien cette société n'a produit que 5 000 kilos d'or en une année. Alors qu'en un mois, ces gens ont été capables, donc des illégaux, des entreprises illégales ont été capables de produire des centaines de kilos d'or", renchérit-il.

Exploitation illicite des minerais sous Ngwabidje

Lors de la législature 2018-2023, la question de l'exploitation des minerais dans les territoires du Sud-Kivu a fait couler de l'encre et de la salive. Les députés provinciaux de cette législature avaient accusé l'ancien Gouverneur Théo Ngwabidje, d'être responsable de cette situation.

En effet, les sociétés chinoises présentes à Mwenga, par exemple, ont eu l'autorisation de l'ancien gouverneur de province, Théo Ngwabidje.  

Dans sa lettre n°11/07/cab/Goupro/SK du 10/11/2020, Théo Ngwabidge avait autorisé aux chinois du groupe Congo Blueant Minerals Sarl de se déplacer et accėder aux concessions minières à Mwenga.  

 "J'accuse réception de votre correspondance N/Réf022/CBM/DPRO/2020 dont l'objet est repris en concerne et vous en remercie. Y faisant suite, je vous accorde mon autorisation et vous invite à maintenir le contact avec mon conseiller en charge des mines pour des stratégies opérationnelles", lit-on dans la correspondance.  

Dans une autre correspondance du 13 janvier 2021, l'ancien exécutif provincial autorise les responsables de la Société Continent Minerals à se déplacer dans le territoire de Mwenga en chefferie de Basile afin d'effectuer la visite sollicitée pour une éventuelle collaboration.  

Par ailleurs, des proches collaborateurs du gouverneur ont été recrutés pour suivre de près cette exploitation illégale des minerais.  

Le Directeur de Cabinet du Gouverneur, le Professeur Mubalama Zibona, ainsi que le Directeur de Cabinet du Ministre Provincial des mines ont été, selon le documentaire du journaliste Alain Foka, recrutés comme des conseillers juridiques et avocats des sociétés minières Chinoises installées dans cette partie de la province.  

Néanmoins,Théo Ngwabidge avait, après moult réactions de dénonciations, à travers son arrêté du 20 août 2021, suspendu les activités de certaines entreprises minières et leurs coopératives partenaires exerçant dans le territoire de Mwenga. C'est entre autres :
- BM Global Business Sarl ;
- Congo Bluaent Mineral (CBM) Sarl et son partenaire COMIBI ;
- Orientale Ressource Congo Sarl (ORC) ;
- Yelow Water Ressources Sarl ;
- New Continent Mineral (NCM) Sarl et son partenaire Coopérative Mungu ni Jibu ;
- Groupe Cristal Service et Coopérative Lutonde.

Une suspension qui sera jugée d'illégale par la ministre nationale des mines.   
Dans une correspondance adressée au vice-premier ministre de l’Intérieur, la ministre des Mines souligne que la décision du chef de l’exécutif de la province du Sud-Kivu viole les dispositions de l’article de la loi du 11 juillet 2002 telle que modifiée, et complétée dans la loi du 9 mars 2018, sur les compétences du gouverneur de province dans l’administration du code minier.  

L'indignation de l'actuel Gouverneur, Jean-Jacques Purusi

Visiblement engagé pour la restauration de la dignité de la province du Sud-Kivu, le gouverneur Jean-Jacques Purusi est en colère contre cette situation qui, selon lui, est la base de la faible économie en province.

"Ce sont des choses que nous n'allons pas accepter. Nous allons prendre des mesures très rapidement par rapport à cette situation. Nous allons, s'il faut résilier tous ces contrats, nous allons les résilier", dit-il.

Le chef de l'exécutif provincial annonce la tenue d'un audit secteur par secteur pour lutter contre l'évaporation des recettes, mais aussi pour essayer de savoir qui est responsable de quoi, et quelles sont les mesures à prendre pour réhabiliter tous ces secteurs, afin de remettre l'État dans ses droits et l'argent dans la caisse de l'État.

 

Commentaires (Total : 1)

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SHUKURANI ABONGA Joël 30/06/2024 16:11:20

Courage SE Monsieur le gouverneur pour ce grand souci d'émerger de la province,surtout d'avoir attaqué le secteur clé de l'économie du Pays, mon point de vu: le Gouverneur devrait s'entourer des spécialistes pour chaque question du domaine,en outre faciliter et encourager les recherches scienti...

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