Une nouvelle pression financière pèse sur les habitants de Kamanyola, dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu. Selon plusieurs habitants et un membre de la société civile locale, une contribution de 8 000 francs congolais par ménage est actuellement exigée dans le cadre d’une opération présentée comme l’« identification et la numérotation des ménages ».
D’après les mêmes sources, cette opération concerne plusieurs ménages de l’agglomération, où les habitants disent ne pas comprendre clairement le fondement de cette exigence financière.
Une autre contribution de 2 000 FC par semaine
À cette somme s’ajoute une autre contribution réclamée aux ménages.
Les habitants rapportent devoir payer 2 000 francs congolais par semaine et par ménage au titre de l’assainissement.
L’accumulation de ces prélèvements suscite des interrogations parmi la population, notamment sur leur base légale et sur les autorités habilitées à les percevoir dans le contexte administratif et sécuritaire actuel de Kamanyola.
Un membre de la société civile locale contacté confirme l’existence de ces contributions ainsi que les montants rapportés par les habitants.
Des habitants dénoncent une pression financière
Dans une région où de nombreux ménages dépendent essentiellement de l’agriculture et du petit commerce, ces prélèvements sont perçus comme une charge supplémentaire.
« La population se trouve actuellement dans une impasse, car elle n’a aucune voie de sortie », témoigne un habitant de Kamanyola, qui dénonce la multiplication des contributions imposées aux familles.
Les habitants demandent notamment des clarifications sur la destination de ces fonds et sur le cadre dans lequel ces prélèvements sont effectués.
Des difficultés agricoles aggravent la situation
Les problèmes économiques ne se limitent pas aux taxes et contributions.
Plusieurs habitants affirment avoir connu une saison culturale B particulièrement difficile. Ils expliquent n’avoir pas pu récolter normalement, notamment en raison de la présence importante de bovins dans les espaces agricoles.
Selon leurs témoignages, des dizaines de milliers de bovins seraient arrivés dans la région avec des populations déplacées en provenance de la plaine de la Ruzizi.
Les habitants affirment que la présence de ces troupeaux a compliqué l’accès aux champs et aurait affecté certaines cultures. Ces déclarations n’ont toutefois pas pu être vérifiées indépendamment.
Le statut administratif de Kamanyola en question
Au-delà de l’aspect financier, les prélèvements soulèvent également une question sur l’administration de Kamanyola.
L’agglomération se trouve actuellement dans une zone contrôlée par des autorités issues de la rébellion, selon les sources locales. Dans ce contexte, les habitants s’interrogent sur le cadre administratif dans lequel sont décidées et perçues ces différentes contributions.
Pour l’heure, aucune information officielle permettant de préciser le fondement juridique de la taxe de 8 000 FC, ni celui de la contribution hebdomadaire de 2 000 FC, n’a été communiquée.
Les habitants réclament donc davantage de transparence sur ces prélèvements, alors que la situation économique des ménages demeure fragile et que l’accès aux activités agricoles reste fortement perturbé.


