Le 10 septembre 2026, une alerte a été signalée à Shabunda après la découverte d’un corps sans vie au point d’entrée et de contrôle de Kindu. L’homme, qui travaillait dans un carré minier à Shabunda, avait présenté des signes évocateurs avant son décès.
Face à cette situation, une Équipe d’intervention rapide (EIR) du niveau provincial a été déployée en urgence à Shabunda. Elle devait contribuer aux investigations et renforcer la sensibilisation de la population.
Cette intervention s’inscrit dans le cadre du projet « Communication sur les risques et l’engagement communautaire (CREC) et surveillance à base communautaire dans la réponse à la MVE et continuité des soins de santé dans les provinces de l’Ituri et du Sud-Kivu en RDC ». Le projet est mis en œuvre par l’ODH avec l’appui financier de l’UNICEF.
Deux décès investigués
Les équipes ont investigué deux décès, dont un cas communautaire dans l’aire de santé de Matili.
Le premier concernait un homme de 44 ans, décédé le 4 septembre. Dix-sept contacts ont été identifiés et listés.
Le deuxième concernait un homme de 45 ans, décédé le 9 septembre au Centre hospitalier de Matili. Dix-sept contacts ont également été identifiés, même si leur suivi demeurait encore partiel au moment de l’intervention.
Des recherches actives d’alertes ont également été menées dans plusieurs structures de santé.
Au centre de santé Matili CELPA, sept alertes ont été recensées puis invalidées. Au centre de santé de Lwampongo, 21 alertes ont été recensées et invalidées. Au Centre hospitalier de Matili, une alerte a été validée et un prélèvement a été effectué.
Les échantillons ont été acheminés vers l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), à Beni, pour analyse. Tous les échantillons envoyés au laboratoire sont revenus négatifs.
Sensibiliser les communautés
L’intervention ne s’est toutefois pas limitée aux investigations.
Le pilier Communication sur les risques et engagement communautaire a accompagné le Bureau central de la zone de santé (BCZ) de Shabunda. Des séances de briefing ont notamment été organisées à l’intention du personnel du Centre hospitalier de Matili.
Des actions de plaidoyer ont également été menées auprès des leaders du carré minier de Moba, en plus de plusieurs activités de sensibilisation de proximité.
Une sensibilisation de masse organisée dans les carrés miniers de Moba a permis de toucher 672 personnes : 215 hommes, 371 jeunes creuseurs et 86 femmes. Les échanges ont porté notamment sur les mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola (MVE) et le choléra.
L’équipe a également participé et facilité le prélèvement d’un cas suspect.
Renforcer la prévention
Le volet Prévention et contrôle des infections et eau, hygiène et assainissement (PCI-WASH) a également contribué à la réponse, à travers des évaluations et des séances de briefing dans plusieurs structures de santé.
Au centre de santé de Lwampongo, l’évaluation du scorecard a mis en évidence plusieurs besoins en matière de prévention et de contrôle des infections, notamment concernant le lavage des mains, la gestion des déchets et le triage.
Au CS 5e CLPA Matili, les équipes ont été briefées sur les précautions standards et la chloration.
Au centre de santé de Mbangayo, l’évaluation a notamment relevé l’absence de comité PCI, des insuffisances dans la gestion des déchets et un manque d’équipements de protection individuelle (EPI). Le besoin de renforcer les compétences du personnel de première ligne a également été identifié.
Un plan de redressement a été élaboré avec l’équipe du centre et le service technique de la zone de santé.
La communauté mobilisée
Dans la communauté, les équipes ont poursuivi les activités de sensibilisation auprès des groupes religieux et associatifs de Shabunda-Centre.
Ces activités ont notamment touché 127 membres du Renouveau charismatique, 61 membres de la chorale Divin Maître et 96 membres de la Légion de Marie.
Les messages portaient sur l’hygiène, le lavage des mains, les mesures de prévention et les comportements à adopter pour réduire les risques de transmission.
Le pilier CREC a également renforcé les capacités du personnel du BCZ et des acteurs communautaires en matière de remontée des alertes et de surveillance à base communautaire (SBC).
Des exercices pratiques ont notamment été organisés à l’intention des PRECODESA.
Une réponse basée sur la proximité
À Shabunda, l’approche de l’ODH repose ainsi sur plusieurs axes : détection précoce des alertes, investigation, sensibilisation, engagement communautaire et renforcement des capacités des structures de santé.
Cette approche vise à permettre une intervention rapide dès l’apparition d’une alerte, en associant les professionnels de santé, les acteurs communautaires et les leaders locaux.
« À Shabunda, l’approche de l’ODH combine alerte précoce, investigation, engagement communautaire et renforcement des capacités des structures de santé. Cette proximité permet de transformer une alerte en action concrète : écouter, vérifier, informer, orienter et agir rapidement avec les acteurs locaux. »
J’ai notamment corrigé les majuscules et la ponctuation, harmonisé les appellations techniques, supprimé plusieurs répétitions et rendu la progression de l’article plus journalistique.
La rédaction

