Le milliardaire américain Erik Prince pourrait renforcer son implication auprès des Forces armées de la République démocratique du Congo. Selon une information publiée ce jeudi 8 octobre par Africa Intelligence, le patron de Vectus Global est en discussion avec les autorités congolaises autour d’un contrat évalué à 65 millions de dollars.
Le marché porte sur un appui technique et logistique aux FARDC, avec une attention particulière accordée au secteur de l’aviation militaire. Africa Intelligence présente ce dossier comme un contrat stratégique que l’homme d’affaires américain cherche depuis longtemps à obtenir.
L’information intervient alors que l’armée congolaise s’appuie fortement sur ses moyens aériens dans les opérations menées dans l’est du pays. Hélicoptères, avions et drones jouent un rôle important dans les affrontements qui opposent les forces gouvernementales à l’AFC/M23 et à ses alliés.
Une nouvelle étape pour Erik Prince en RDC
Cette perspective de contrat intervient dans le prolongement de l’implication croissante d’Erik Prince en République démocratique du Congo.
Africa Intelligence avait déjà rapporté, en septembre 2025, une rencontre discrète entre le président Félix Tshisekedi et Erik Prince à New York. Les discussions portaient notamment sur une possible prolongation de la collaboration entre les autorités congolaises et les structures liées à l’homme d’affaires américain.
Quelques mois plus tard, l’implication de ses équipes a été rapportée dans le Sud-Kivu.
En janvier 2026, des hommes liés à Vectus Global auraient ainsi apporté leur soutien aux forces congolaises lors des opérations visant à reprendre le contrôle d’Uvira. Africa Intelligence avait alors rapporté la présence de plusieurs membres de l’équipe de Prince aux côtés des militaires congolais.
Des informations rapportées en février faisaient également état du déploiement de contractuels et d’opérateurs de drones liés à Prince dans le Sud-Kivu, à la demande des autorités congolaises.
L’aviation au cœur du nouveau marché
Le nouveau contrat évoqué par Africa Intelligence se distingue toutefois par son orientation vers la maintenance et le soutien aux capacités aériennes des FARDC.
L’objectif serait notamment de fournir aux forces congolaises une expertise technique et logistique permettant de maintenir leurs appareils en état opérationnel.
Le sujet est particulièrement sensible dans un contexte où les moyens aériens occupent une place croissante dans les opérations militaires dans l’est de la RDC.
Mais il convient de rester prudent sur les contours exacts du marché. L’article d’Africa Intelligence est réservé aux abonnés et les informations accessibles publiquement indiquent que les autorités congolaises et Vectus Global sont en discussion. Les détails complets du contrat, notamment sa structure, sa durée et la liste précise des appareils concernés, ne sont pas publiquement disponibles dans les éléments consultables.
Une activité qui dépasse la seule sécurité
Erik Prince est une figure connue du secteur privé de la sécurité. Il a fondé Blackwater, société devenue l’une des entreprises privées de sécurité les plus connues au monde, avant de céder cette entreprise.
En RDC, ses activités se sont progressivement étendues à plusieurs domaines.
Africa Intelligence a notamment suivi son implication dans les secteurs minier et sécuritaire ainsi que ses discussions avec les autorités congolaises. Le média présente Vectus Global comme la structure actuellement dirigée par Prince.
Cette présence intervient alors que Kinshasa cherche à renforcer les capacités de ses forces armées dans un conflit qui dure depuis plusieurs années dans l’est du pays.
Une question sur le rôle des sociétés privées
L’arrivée de nouveaux prestataires privés dans l’appui aux FARDC soulève également des questions sur la place accordée aux entreprises de sécurité et aux contractuels étrangers dans la conduite des opérations militaires.
Le phénomène n’est pas nouveau en RDC. TV5MONDE, s’appuyant notamment sur des travaux du Global Initiative Against Transnational Organized Crime, a rappelé que des sociétés privées avaient déjà été engagées pour assurer la maintenance d’aéronefs militaires congolais. Certaines de ces entreprises ont ensuite été accusées d’avoir dépassé le cadre initial de leurs contrats, ce que leurs responsables ont contesté.
Dans le cas d’Erik Prince, l’enjeu est désormais de savoir jusqu’où ira cette nouvelle collaboration avec Kinshasa.
Pour l’heure, l’information disponible est celle d’un contrat de 65 millions de dollars en discussion, destiné à fournir aux FARDC un appui technique et logistique, particulièrement dans le domaine de l’aviation.
Si l’accord se concrétise, il marquerait une nouvelle étape dans la coopération entre Kinshasa et l’homme d’affaires américain, dont les activités en RDC prennent une place de plus en plus visible dans le dispositif sécuritaire congolais.
Par Joseph Kamwanga
