Le Conseil de sécurité des Nations unies réitère son appel au Rwanda pour qu’il mette fin à tout soutien au mouvement du 23 mars (M23) et retire ses forces du territoire de la République démocratique du Congo.
Au terme de la présidence française du Conseil de sécurité, l’ambassadeur de France auprès des Nations unies, Jérôme Bonnafont, a rappelé les principales exigences contenues dans la résolution 2773, adoptée à l’unanimité en février 2025.
Cette résolution demande aux Forces de défense rwandaises (RDF) de cesser tout soutien au M23 et de se retirer immédiatement et sans condition du territoire congolais. Elle exige également du M23 qu’il cesse les hostilités et se retire des zones qu’il contrôle.
Des engagements toujours difficiles à appliquer
Plus d’un an après l’adoption de la résolution 2773, les Nations unies continuent de demander aux parties de respecter leurs engagements.
Lors d’une récente réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation en RDC, plusieurs membres ont de nouveau appelé Kigali à mettre fin à son soutien au M23 et à retirer ses troupes du territoire congolais. La France a également réaffirmé que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC devaient être respectées.
La question du respect de ces engagements intervient alors que les efforts diplomatiques se poursuivent dans le cadre des processus de Washington, de Doha et des initiatives de l’Union africaine.
Le représentant de la RDC a, de son côté, affirmé devant le Conseil que les obligations prévues par la résolution 2773 restaient largement inexécutées. Kinshasa accuse notamment les forces rwandaises de continuer à soutenir le M23, des accusations que Kigali conteste.
La MONUSCO toujours au centre du dispositif
La France a par ailleurs renouvelé son soutien à la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC, la MONUSCO.
Le Conseil de sécurité souligne régulièrement l’importance de permettre à la mission d’exercer son mandat, notamment en matière de protection des civils et d’appui aux processus de paix. Le mandat de la MONUSCO a été adapté en décembre 2025 afin de lui permettre notamment de soutenir la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent dans le cadre du processus de Doha.
La situation humanitaire demeure également une source de préoccupation majeure. Selon le chef de la MONUSCO, James Swan, plus de 7,4 millions de Congolais sont déplacés à l’intérieur du pays et plus de 24 millions de personnes font face à l’insécurité alimentaire. La crise est aggravée par l’épidémie d’Ebola, particulièrement dans l’est du pays.
Une pression diplomatique qui se poursuit
En réitérant ses demandes, le Conseil de sécurité maintient donc la pression diplomatique sur le Rwanda et le M23, alors que les initiatives de paix se poursuivent.
La résolution 2773 demeure le principal cadre de référence du Conseil sur le conflit dans l’est de la RDC. Elle appelle également Kinshasa à mettre fin à son soutien à certains groupes armés, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et à poursuivre les efforts pour neutraliser cette organisation.
L’enjeu reste désormais la traduction de ces engagements diplomatiques en mesures concrètes sur le terrain, alors que les Nations unies continuent de signaler une situation sécuritaire et humanitaire préoccupante dans l’est de la RDC.

