Le ministre du Commerce extérieur de la République démocratique du Congo, Julien Paluku Kahongya, a plaidé pour une accélération du commerce intra-africain et une transformation locale des ressources naturelles du continent, lors de l’EuropaAfrica Investment Forum 2026, organisé à Bruxelles du 30 septembre au 2 octobre.
Intervenant comme panéliste lors d’une session consacrée aux relations économiques entre l’Europe et l’Afrique, à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et à l’intégration régionale, le ministre congolais a défendu le développement de chaînes de valeur africaines.
Selon lui, l’Afrique doit davantage transformer ses matières premières sur son propre territoire afin de créer de la valeur, des emplois et de nouvelles capacités industrielles.
« L’Afrique doit accélérer son industrialisation en développant des chaînes de valeur régionales et en transformant localement ses ressources », a plaidé Julien Paluku, selon les éléments communiqués à l’occasion du forum.
Cette position s’inscrit dans une orientation déjà défendue par le ministre lors de précédentes rencontres consacrées à l’Agenda 2063 de l’Union africaine. En juin dernier, il avait notamment cité le projet du Grand Inga, le développement des terres agricoles de la RDC ainsi que les chaînes de valeur autour des batteries et des véhicules électriques parmi les projets susceptibles de soutenir l’intégration économique du continent.
La RDC mise sur l’énergie et les infrastructures
À Bruxelles, Julien Paluku a également insisté sur la nécessité d’attirer davantage d’investissements dans les infrastructures et le secteur énergétique.
Il a notamment présenté le projet hydroélectrique d’Inga comme un levier potentiel pour accompagner l’industrialisation africaine.
« Nous devons investir dans les infrastructures et l’énergie pour permettre à l’Afrique de produire davantage et de transformer ses ressources sur place », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés dans le cadre de cette rencontre.
Pour la RDC, l’enjeu est aussi de tirer profit de sa position géographique au cœur du continent. Kinshasa souhaite notamment renforcer les échanges avec les pays voisins et développer davantage les connexions commerciales entre l’Afrique et l’Europe.
La ZLECAf au cœur des discussions
Les échanges ont également porté sur la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Le dispositif vise à réduire progressivement les barrières commerciales entre les pays africains et à favoriser la circulation des biens et des services sur le continent.
Julien Paluku a souligné les avancées enregistrées dans la mise en œuvre de la ZLECAf, notamment l’intégration progressive des concessions tarifaires dans les législations financières des États membres.
Le ministre a également évoqué la progression du Système panafricain de paiement et de règlement, le PAPSS. Cette infrastructure doit faciliter les paiements transfrontaliers entre pays africains en permettant notamment des transactions dans les monnaies locales.
Pour Kinshasa, ces mécanismes doivent contribuer à rendre le commerce intra-africain plus simple, plus rapide et moins dépendant des intermédiaires financiers extérieurs.
Renforcer le partenariat entre l’Afrique et l’Europe
La rencontre de Bruxelles a également permis d’aborder les investissements directs et industriels entre l’Europe et l’Afrique.
L’EuropaAfrica Investment Forum 2026, organisé par CredassurGroup sous le haut patronage du Parlement européen, réunit des entrepreneurs, investisseurs, responsables politiques, diplomates et représentants d’institutions des deux continents. Le programme comprend notamment des discussions sur les infrastructures, l’industrialisation, l’agro-industrie, les énergies renouvelables et le financement.
Le forum constitue ainsi une plateforme consacrée au renforcement des liens économiques entre l’Europe et l’Afrique. CredassurGroup présente cette 16e édition autour de trois axes : « Investir. Connecter. Transformer. »
Parmi les participants figurent notamment des responsables africains et européens, dont des représentants de la Commission européenne et de l’Union africaine.
À travers son intervention, Julien Paluku a ainsi défendu une vision dans laquelle la RDC cherche à renforcer son rôle dans les échanges régionaux tout en attirant davantage de capitaux vers ses secteurs productifs.
Pour Kinshasa, le développement du commerce intra-africain passe désormais par davantage d’infrastructures, d’énergie, de transformation locale et de mécanismes financiers capables de faciliter les échanges entre les économies du continent.

