.Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a exprimé samedi 3 octobre 2026 ses « profonds regrets » à la population de la République du Congo après les récents incidents survenus entre les deux rives du fleuve Congo.
En visite de travail à Brazzaville, le chef de l’État congolais a été reçu par son homologue Denis Sassou Nguesso. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par des tensions consécutives à plusieurs incidents entre ressortissants et services des deux pays.
Tshisekedi veut « apaiser les esprits »
Félix Tshisekedi a expliqué être venu à Brazzaville « surtout » pour contribuer à l’apaisement des tensions.
S’adressant à la population de la République du Congo, qu’il considère comme la plus touchée par les récents incidents, le président de la RDC a présenté ses « profonds regrets ».
Le chef de l’État a insisté sur les liens historiques et humains qui unissent les deux pays.
Selon lui, les deux Congo constituent « un même peuple » et il serait « insensé » d’en arriver à des affrontements entre populations séparées essentiellement par le fleuve Congo.
La visite intervient quelques jours après celle du ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, reçu le 30 septembre à Brazzaville par Denis Sassou Nguesso. Les échanges avaient notamment porté sur le règlement diplomatique des incidents récents à Makotipoko.
Deux délégations pour éviter de nouveaux incidents
Pour tenter de mettre définitivement fin aux tensions, Félix Tshisekedi a indiqué que ses vice-Premiers ministres chargés de l’Intérieur et de la Défense devaient travailler avec leurs homologues de la République du Congo.
L’objectif est de permettre aux deux pays d’établir les faits, d’identifier les responsabilités et de prendre des dispositions afin d’éviter la répétition de tels incidents.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté affichée par Kinshasa et Brazzaville de préserver leurs relations de bon voisinage.
Lors de l’incident de Makotipoko, les deux gouvernements avaient déjà exprimé leurs regrets et annoncé des mesures pour permettre le rapatriement de deux ressortissants retenus à la suite de l’accrochage.
Une promesse d’indemnisation
Félix Tshisekedi a également annoncé une mesure en faveur des personnes victimes des incidents.
Une fois le rapport des deux délégations disponible, le président congolais prévoit de rencontrer les victimes afin de déterminer les modalités de leur indemnisation par la République démocratique du Congo.
Il a justifié cet engagement en estimant que cette indemnisation relève du « devoir » de la RDC.
Les modalités, le nombre de bénéficiaires et le montant des éventuelles indemnisations n’ont toutefois pas encore été précisés.
Plus de 2 400 kilomètres de frontières
Dans son intervention, Félix Tshisekedi a rappelé l’importance de la frontière commune entre les deux pays.
La RDC et la République du Congo partagent une longue frontière terrestre et fluviale, dont une partie importante est constituée par le fleuve Congo.
Pour le président congolais, cette proximité rend d’autant plus nécessaire la prévention des incidents entre les populations et les services des deux États.
Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « réflexes barbares » appartenant à une autre époque, alors que les deux pays cherchent parallèlement à renforcer leur ouverture et leur coopération régionale.
Le président de la RDC a notamment évoqué le projet annoncé par Brazzaville d’ouvrir davantage ses frontières aux ressortissants africains à partir de l’année prochaine.
Tshisekedi et Sassou Nguesso réaffirment le dialogue
La rencontre du 3 octobre s’inscrit dans une série de contacts diplomatiques entre Kinshasa et Brazzaville.
Les deux capitales, situées face à face de part et d’autre du fleuve Congo, entretiennent des relations politiques, économiques et humaines particulièrement étroites.
La visite de Félix Tshisekedi intervient ainsi quelques jours après l’envoi à Brazzaville de son ministre de l’Intégration régionale.
Les autorités des deux pays privilégient désormais le dialogue pour régler les incidents récents et éviter qu’ils ne détériorent davantage les relations entre les deux États.
Pour Kinshasa, l’enjeu est également de rétablir la confiance entre les populations des deux rives.
Après la remise du rapport des délégations chargées d’examiner les incidents, Félix Tshisekedi entend donc passer à l’étape suivante : rencontrer les victimes et définir avec elles les modalités d’une éventuelle indemnisation par la RDC.
L’objectif affiché par le président congolais est clair : tourner la page des incidents récents et empêcher qu’un nouvel épisode ne vienne perturber les relations entre les deux Congo.

