Vital Kamerhe a-t-il décidé de quitter la politique congolaise ? La rumeur s’est propagée ces derniers jours, présentant le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) comme un responsable politique arrivé au terme de son parcours et désormais en retrait de la vie publique.
Mais cette version est directement démentie par l’intéressé.
Le 29 septembre 2026, Vital Kamerhe a réagi aux informations faisant état de son prétendu retrait de la scène politique. Dans un entretien téléphonique avec Yves Buya, responsable de Cable.cd, l’ancien président de l’Assemblée nationale a qualifié ces allégations de « complètement fausses ».
Autrement dit, contrairement aux affirmations attribuées à de prétendues « sources politiques et diplomatiques », aucun élément public ne permet actuellement d’établir que le président de l’UNC aurait pris sa retraite politique.
Kamerhe toujours actif dans le débat national
Les faits récents montrent d’ailleurs une activité politique qui ne correspond pas à un retrait.
Le 28 août, Vital Kamerhe s’est publiquement prononcé sur le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi. Il a salué l’initiative présidentielle et l’a qualifiée de « rupture méthodologique inédite ». Selon lui, le processus devait permettre de s’attaquer aux causes profondes des crises congolaises et de placer la population au centre des discussions.
Cette prise de position n’est pas restée isolée. Le lendemain, l’Interfédération de l’UNC au Kasaï-Central a publiquement réaffirmé son soutien à la position de son président national sur le dialogue.
Ces éléments témoignent donc d’un parti qui continue de fonctionner autour de son président, contrairement à l’image d’une formation abandonnée et privée de leadership véhiculée par certaines publications.
Une relation avec Tshisekedi qui alimente les interrogations
La relation entre Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi reste néanmoins un sujet politique majeur.
Les deux hommes ont traversé plusieurs séquences politiques depuis la formation de leur alliance. Kamerhe a été un acteur important de la coalition qui a accompagné l’accession de Félix Tshisekedi à la présidence avant de devenir président de l’Assemblée nationale en 2024.
Son départ du perchoir, intervenu en 2025 dans le contexte d’une crise au sein de la majorité, avait déjà alimenté les interrogations sur son poids politique au sein de l’Union sacrée.
Plus récemment, les rumeurs ont pris une nouvelle dimension. En juin, des informations circulant dans certains médias faisaient état d’un possible éloignement de Kamerhe et même d’un exil. Un responsable de l’UNC cité à l’époque avait toutefois démenti l’idée d’un exil politique et affirmé que Kamerhe entretenait toujours de bonnes relations avec le chef de l’État.
Les réseaux sociaux ont également relayé d’autres informations non vérifiées concernant ses prétendues conditions pour participer au dialogue national ou ses ambitions pour la présidentielle de 2028. L’Agence congolaise de presse a notamment qualifié de fausse une publication affirmant que Kamerhe aurait demandé à Félix Tshisekedi de faire de lui son dauphin.
Entre retrait supposé et retour au premier plan
Paradoxalement, alors que certains messages annonçaient sa retraite politique, d’autres informations publiées fin septembre le donnaient comme possible coordinateur du comité préparatoire du dialogue national.
Selon DrcActu, plusieurs sources le pressentaient pour diriger cette structure chargée de préparer les consultations. Cette information n’était toutefois pas encore confirmée officiellement au moment de sa publication.
Le contraste est donc saisissant : d’un côté, des publications annoncent la fin de sa carrière politique ; de l’autre, son nom circule pour un éventuel rôle dans l’un des processus politiques les plus importants annoncés par le pouvoir.
L’UNC traverse-t-elle réellement une crise ?
L’affirmation selon laquelle l’UNC serait aujourd’hui dans une « débandade » ou un « désordre » en raison d’un abandon du parti par Kamerhe doit également être relativisée.
Le parti continue de communiquer autour de son président national et certaines de ses structures provinciales ont récemment réaffirmé leur soutien à ses prises de position.
Cela ne signifie pas pour autant que l’UNC est à l’abri des tensions internes ou des interrogations sur son avenir. Comme toutes les formations politiques, elle doit composer avec les recompositions de la majorité présidentielle et avec les incertitudes liées aux prochains grands rendez-vous politiques.
Mais à ce stade, il n’existe pas d’élément suffisamment solide permettant de conclure à un abandon du parti par Vital Kamerhe.
Un avenir politique toujours ouvert
Présenter Vital Kamerhe comme le « grand perdant » de son alliance avec Félix Tshisekedi relève davantage d’une lecture politique que d’un fait établi.
Son bilan politique au sein de cette alliance peut naturellement faire l’objet de critiques et d’analyses contradictoires. Mais son avenir politique reste ouvert.
À 67 ans, l’ancien président de l’Assemblée nationale demeure à la tête de l’UNC, continue de prendre publiquement position sur les grandes questions nationales et reste identifié comme l’un des acteurs historiques de la scène politique congolaise.
Pour l’instant, donc, une chose est certaine : Vital Kamerhe n’a pas annoncé sa retraite politique. Il a même démenti explicitement cette information.
Le véritable enjeu n’est peut-être dès lors pas de savoir s’il a quitté la politique, mais plutôt de déterminer quelle place il entend désormais occuper aux côtés de Félix Tshisekedi et dans la recomposition politique qui s’annonce en RDC.
Par Joseph Kamwanga

