Au lendemain de l’adresse à la nation de Joseph Kabila, les réactions se multiplient dans le camp de Félix Tshisekedi. Peter Kazadi, cadre de l’UDPS, accuse l’ancien président d’être le véritable responsable de la rébellion de l’AFC/M23, tandis que le journaliste Peter Tiani tourne en dérision un discours qu’il juge dépourvu d’annonces concrètes.
Le discours de Joseph Kabila ne laisse pas indifférents les proches du pouvoir de Félix Tshisekedi. Après les accusations formulées par l’ancien président contre la gestion politique et sécuritaire de la République démocratique du Congo, Peter Kazadi, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a vivement réagi.
Pour lui, l’ancien chef de l’État n’a rien apporté de nouveau et s’est exprimé comme n’importe quel opposant au pouvoir en place. Peter Kazadi estime que cette adresse vise notamment à convaincre l’opinion nationale et internationale que Joseph Kabila n’est pas impliqué dans la guerre qui sévit dans l’est du pays.
« Les M23, l’AFC, c’est Kabila. Seulement, il manque le courage d’assumer publiquement que c’est lui le chef », affirme-t-il.
Le cadre de l’UDPS va plus loin. Il accuse l’ancien président d’être responsable des massacres et des violences sexuelles commis dans l’Est. Il lui reproche également de chercher à mobiliser la population après avoir, selon lui, échoué à reproduire le scénario de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), en référence à la rébellion de 1996.
Réagissant au titre du discours de Joseph Kabila, « Ne pas agir, c’est être complice », Peter Kazadi y voit un aveu de faiblesse. Il estime que la population congolaise n’est pas dupe et conclut que cette intervention constitue « un coup d’épée dans l’eau ».
Ces accusations reflètent l’escalade verbale entre les proches du pouvoir et l’ancien président. Elles restent toutefois des déclarations politiques qui ne constituent pas, à elles seules, une preuve de l’implication de Joseph Kabila dans les activités de l’AFC/M23.
Peter Tiani se moque d’une annonce jugée sans contenu concret
De son côté, le journaliste Peter Tiani, proche du pouvoir de Félix Tshisekedi, adopte un ton sarcastique pour commenter l’intervention de l’ancien chef de l’État.
Selon lui, l’annonce très médiatisée du discours a suscité des attentes auxquelles Joseph Kabila n’a finalement pas répondu.
« Annoncé en grande pompe, Joseph Kabila est finalement venu parler pour ne rien dire ! », écrit-il.
Peter Tiani ironise également sur l’apparence physique de l’ancien président et sur ce qu’il considère comme un affaiblissement de sa stature politique. Il lui reproche surtout d’avoir promis de présenter, dans les prochains jours, les mesures qu’il compte proposer pour sortir le pays de la crise, sans les détailler dans son adresse.
Pour le journaliste, toute cette attente s’est finalement soldée par une promesse de nouvelles annonces.
Une bataille politique qui se poursuit
Dans son adresse du vendredi 9 octobre, Joseph Kabila a dressé un tableau alarmant de la situation du pays. Il a dénoncé la dérive autoritaire qu’il attribue au pouvoir de Félix Tshisekedi, critiqué la conduite de la guerre dans l’Est et annoncé de prochaines propositions pour « sauver » la République démocratique du Congo.
Les réactions de Peter Kazadi et de Peter Tiani illustrent la polarisation politique autour de cette prise de parole. Alors que les proches du pouvoir mettent en cause les intentions et la crédibilité de l’ancien président, celui-ci promet de préciser sa démarche dans les jours et les semaines à venir.
Le contenu de ces futures propositions pourrait ainsi constituer le prochain épisode de cette confrontation politique, sur fond de crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC.
