La crise interne continue de secouer Ensemble pour la République, la formation politique dirigée par Moïse Katumbi. Olivier Kamitatu et Hervé Diakiese Kyungu ont décidé de franchir une nouvelle étape dans le différend qui les oppose à certains communicateurs du parti.
Les deux cadres ont fait notifier, le 16 septembre 2026, une mise en demeure au secrétaire général d’Ensemble pour la République, Dieudonné Bolengetenge, par exploit d’huissier.
La démarche intervient après plusieurs semaines de publications sur les réseaux sociaux visant directement les deux responsables. Dans leur correspondance, rédigée par leur conseil, Me Alain Amundala, Kamitatu et Diakiese dénoncent ce qu’ils présentent comme une campagne « convergente et répétée » menée entre le 26 juillet et le 24 août 2026.
57 publications passées au crible
Selon la mise en demeure, leur avocat s’appuie sur une matrice probatoire recensant 57 publications diffusées par huit comptes identifiés.
Les publications visées contiendraient, selon les plaignants, des propos qu’ils qualifient d’injurieux, ainsi que des attaques portant notamment sur leur filiation et des accusations de trahison, de corruption ou encore de rapprochement rémunéré avec le pouvoir en place.
Ces accusations sont rapportées comme des éléments contenus dans la correspondance adressée au parti et ne constituent pas, à ce stade, des faits judiciairement établis.
Dans leur démarche, les deux cadres cherchent notamment à savoir si les auteurs de ces publications agissent officiellement au nom d’Ensemble pour la République ou s’ils disposent d’un quelconque statut au sein de la formation politique.
« Qui sont ces communicateurs ? Au nom de quelle structure parlent-ils et avec quelle qualité ? », s’interroge, en substance, la démarche juridique entreprise par les deux responsables.
Le silence du parti au cœur de la contestation
La mise en demeure reproche également à la direction du parti son silence face à ces publications.
L’avocat estime que la répétition des attaques et leur caractère nominatif auraient dû susciter une réaction des instances dirigeantes d’Ensemble pour la République.
Cette démarche intervient alors que le parti traverse déjà une période de fortes tensions internes.
Le 20 août, le Directoire exécutif national avait suspendu Hervé Diakiese de ses fonctions de porte-parole ainsi que de toute activité au nom du parti, dans l’attente de son audition par le Comité des sages. La direction lui reprochait notamment des propos jugés « inappropriés » et « discourtois » à l’égard de la haute hiérarchie du parti et de certains cadres.
Olivier Kamitatu avait alors publiquement contesté la procédure, estimant que le principe du contradictoire n’avait pas été respecté.
« Une sanction prononcée sans audition ne reste jamais un cas isolé : elle installe un précédent », avait-il notamment déclaré dans une tribune publiée en août.
Un délai de 48 heures
Dans la nouvelle démarche, Olivier Kamitatu et Hervé Diakiese demandent désormais au secrétaire général de clarifier la position officielle du parti à l’égard des auteurs des publications recensées.
Ils souhaitent notamment connaître leur statut, leur éventuel lien avec les structures officielles d’Ensemble pour la République et les mesures que le parti entend prendre face aux propos dénoncés.
La mise en demeure fixe un délai de 48 heures pour obtenir une réponse.
À défaut, les deux cadres indiquent se réserver « toutes les voies de droit » contre les personnes concernées et, le cas échéant, toute autre partie dont la responsabilité pourrait être établie.
Cette formulation ouvre la voie à une éventuelle judiciarisation du conflit, alors que les différends internes au sein d’Ensemble pour la République ont déjà donné lieu à plusieurs procédures disciplinaires.
Une nouvelle épreuve pour la direction de Katumbi
Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement délicat pour la formation de Moïse Katumbi.
Outre la suspension d’Hervé Diakiese, le parti a également été confronté au différend entre Olivier Kamitatu et Salomon Kalonda. Le secrétaire général Dieudonné Bolengetenge avait présenté cette querelle comme un « malentendu » et indiqué que les deux hommes demeuraient membres du parti.
La multiplication des épisodes publics pose désormais la question de la gestion des désaccords au sein de la formation politique.
Avec cette mise en demeure, Kamitatu et Diakiese déplacent en partie le débat sur le terrain juridique. Ils demandent à la direction du parti de se positionner clairement sur les publications qu’ils considèrent comme attentatoires à leur réputation.
La réponse de Dieudonné Bolengetenge dans le délai fixé de 48 heures pourrait ainsi constituer un nouvel épisode dans la crise qui traverse actuellement Ensemble pour la République.


