L’absence de Félix Tshisekedi à la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York continue de susciter des réactions. Alors que plusieurs explications circulent sur les réseaux sociaux et dans certains médias, la Présidence de la République affirme que le chef de l’État n’a été victime ni d’un refus de visa américain ni d’une mesure liée à l’épidémie d’Ebola.
Le cabinet présidentiel tente ainsi de mettre fin aux spéculations qui entourent la non-participation de Félix Tshisekedi à la semaine de haut niveau de l’ONU.
La RDC est représentée à New York par la Première ministre Judith Suminwa, qui conduit la délégation congolaise, ainsi que par la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner.
« Ce n’est pas la première fois que le chef de l’État désigne un représentant »
Interrogé sur les nombreuses rumeurs, Giscard Kusema, directeur adjoint de la presse présidentielle, rejette l’idée d’un incident diplomatique avec Washington.
« Ce n’est pas la première fois que le chef de l’État désigne un représentant », a-t-il déclaré.
Selon lui, Félix Tshisekedi a déjà choisi de se faire représenter lors de certaines échéances internationales.
« Le chef de l’État a déjà désigné Mme Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État aux Affaires étrangères, pour le remplacer à la présidence du débat au Conseil de sécurité des Nations Unies. Le chef de l’État est sollicité dans plusieurs sommets où il désigne qui il veut pour le représenter », a précisé Giscard Kusema.
Pour la Présidence, cette configuration relève donc d’une décision officielle de représentation et ne constitue pas, en elle-même, la preuve d’une quelconque tension diplomatique entre Kinshasa et Washington.
La Présidence rejette le lien avec Ebola
L’une des principales explications avancées ces derniers jours concerne les restrictions de voyage américaines liées à la situation sanitaire provoquée par Ebola en RDC.
Dans une dépêche publiée le 22 septembre, RFI, citant plusieurs sources, a rapporté que ces restrictions auraient compliqué le déplacement d’une importante délégation présidentielle congolaise vers les États-Unis. Selon cette version, les voyageurs concernés par les mesures américaines doivent notamment observer une période de 21 jours dans un pays tiers avant leur entrée aux États-Unis.
RFI précise toutefois que des exemptions existent pour les chefs d’État et de gouvernement. Judith Suminwa a ainsi pu se rendre à New York à la tête d’une délégation réduite.
La Présidence congolaise conteste cependant le lien établi entre ces restrictions sanitaires et l’absence de Félix Tshisekedi.
Giscard Kusema affirme que « ce n’est nullement une absence liée à l’épidémie d’Ebola, mais une représentation officielle ».
Le cabinet présidentiel soutient également que les autorités américaines avaient autorisé le déplacement du président congolais avec ses agents de sécurité.
Des rumeurs de refus de visa circulent
À cette controverse s’ajoutent des publications affirmant que Washington aurait refusé un visa à Félix Tshisekedi.
Ces affirmations circulent notamment sur les réseaux sociaux, sans élément public permettant, à ce stade, de les établir comme des faits.
La Présidence les dément catégoriquement et rejette l’idée selon laquelle le président congolais aurait été empêché de se rendre aux États-Unis.
D’autres publications vont jusqu’à évoquer un déplacement privé du chef de l’État à Bruxelles. Cette affirmation fait également partie des informations démenties par son entourage.
Une polémique amplifiée sur les réseaux sociaux
L’absence du président congolais à New York intervient dans un contexte diplomatique particulièrement chargé pour Kinshasa.
La Première ministre Judith Suminwa participe à la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, tandis que Thérèse Kayikwamba Wagner multiplie les rencontres diplomatiques consacrées notamment à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
La ministre des Affaires étrangères a notamment participé, le 21 septembre à New York, à une rencontre de haut niveau consacrée à une solution politique à la crise dans l’Est de la RDC. L’événement réunissait notamment des représentants de l’ONU, de l’Union africaine, de l’Union européenne et de la MONUSCO.
Pour la Présidence, la présence de cette équipe gouvernementale à New York montre que la RDC reste pleinement engagée dans les discussions internationales, malgré l’absence du chef de l’État.
Le débat sur les raisons de cette absence reste néanmoins alimenté par des versions contradictoires : d’un côté, des sources citées par RFI l’associent aux restrictions américaines liées à Ebola ; de l’autre, le cabinet présidentiel affirme qu’il s’agit d’un choix de représentation et nie tout problème de visa ou de déplacement.
À ce stade, aucun élément public indépendant ne permet de confirmer l’existence d’un refus de visa américain opposé à Félix Tshisekedi. La Présidence maintient pour sa part qu’il n’y a eu ni refus de visa ni empêchement lié à Ebola.

