Une nouvelle tragédie a frappé la ville de Beni, au Nord-Kivu. Au moins six personnes issues de la communauté pygmée ont été tuées dans la nuit lors d’une attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), selon plusieurs sources locales.
Le drame s’est produit dans le quartier Ngadi, où se trouve un site d’hébergement occupé par des familles pygmées. Parmi les victimes figure Nzanzu Mangetse, artiste pygmée bien connu dans la région pour son engagement en faveur de la promotion de la culture autochtone.
Cette attaque suscite une vive émotion au sein de la population locale et relance les interrogations sur la sécurité dans une ville pourtant placée sous état de siège depuis plusieurs années. Beni, qui accueille d’importantes institutions civiles et militaires, demeure régulièrement la cible d’incursions meurtrières attribuées aux groupes armés actifs dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Les ADF, tout comme la milice Codeco dans l’Ituri voisine, figurent parmi les groupes armés les plus meurtriers de la région. Malgré les opérations militaires menées contre eux, leurs attaques continuent de faire de nombreuses victimes parmi les civils.
Pour plusieurs acteurs de la société civile, ce nouveau massacre démontre la capacité persistante des groupes armés à frapper même dans des zones urbaines censées être sous haute surveillance sécuritaire. Ils appellent les autorités à renforcer les mesures de protection des populations vulnérables et à traduire les auteurs de ces crimes devant la justice.
Alors que les enquêtes se poursuivent pour établir les circonstances exactes de l’attaque, la mort de Nzanzu Mangetse et des autres victimes plonge une nouvelle fois Beni dans le deuil et rappelle l’ampleur des défis sécuritaires auxquels reste confronté l’Est de la RDC.

