À Goma, la mobilisation des étudiants pour la reprise des activités académiques dans les établissements publics de Goma et de Bukavu s’est déroulée dans un contexte de tension. Plusieurs représentants estudiantins ont été interpellés par des éléments de la police de l’AFC/M23, mercredi 16 septembre, peu après la présentation publique de leur mémorandum.
Les représentants d’étudiants de plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire avaient rédigé un document destiné notamment au gouvernement congolais, à l’ONU, à l’UNESCO, à l’UNICEF ainsi qu’à l’Alliance Fleuve Congo/M23.
Dans ce mémorandum, ils demandent la reprise des cours, des travaux pratiques, des stages, des examens et des activités de recherche suspendus dans plusieurs établissements de Goma et de Bukavu.
Les étudiants insistent sur le caractère non politique de leur démarche.
« Notre démarche est strictement estudiantine, pacifique et apolitique. »
Ils estiment que les étudiants ne devraient pas subir les conséquences des affrontements et des différends politiques et militaires qui affectent le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
« Les étudiants ne sont ni responsables des différends politiques ou militaires, ni parties aux confrontations entre les différents acteurs. »
Des craintes pour l’année académique
La suspension des activités académiques dans onze établissements publics de Goma et de Bukavu a été décidée par le gouvernement congolais le 20 août 2026. La mesure concerne notamment l’UNIGOM, l’ISC, l’ISTM, l’ISTA et l’ISP à Goma, ainsi que plusieurs établissements publics à Bukavu.
Pour les étudiants, cette suspension risque de perturber leur parcours universitaire. Ils évoquent l’interruption des cours, des examens, des stages, des travaux pratiques et des recherches, avec la crainte de voir l’année académique compromise.
Ils demandent donc au gouvernement de revoir sa décision et de mettre en place un calendrier permettant de récupérer les activités perdues.
Ils sollicitent également l’intervention des agences des Nations unies afin de contribuer à la continuité de l’enseignement supérieur dans un contexte de crise.
Des représentants interpellés puis relâchés
C’est après cette mobilisation que plusieurs porte-paroles des étudiants ont été interpellés par des éléments de la police de l’AFC/M23.
Selon des informations rapportées depuis Goma, les représentants ont toutefois été relâchés quelques minutes après leur interpellation. Aucun motif officiel n’a été communiqué publiquement pour expliquer cette intervention.
Cette interpellation intervient alors que la question de l’enseignement supérieur est devenue un nouvel enjeu dans le bras de fer entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Le gouvernement congolais justifie la suspension des activités académiques par la situation sécuritaire et par l’intervention de l’AFC/M23 dans le fonctionnement de certains établissements. De son côté, l’AFC/M23 s’est opposée à cette décision et a indiqué vouloir maintenir les universités ouvertes.
« On ne construit pas la paix en fermant les universités »
Dans leur mémorandum, les étudiants présentent l’université comme un espace qui devrait être préservé malgré la crise.
Ils résument leur revendication autour d’une formule :
« Nous demandons simplement le droit d’étudier. »
Ils estiment également que la poursuite des études constitue un enjeu pour l’avenir de milliers de jeunes de Goma et de Bukavu.
Une autre formulation de leur mémorandum résume leur inquiétude :
« L’interruption de l’éducation est une sentence dramatique pour l’avenir de la paix en RDC. On ne construit pas la paix en fermant les universités, mais plutôt en les protégeant comme des sanctuaires du savoir et de la citoyenneté. »
La mobilisation estudiantine devrait donc se poursuivre alors que les établissements concernés restent au cœur d’un conflit institutionnel et politique entre les autorités de Kinshasa et l’administration de fait de l’AFC/M23 à Goma et Bukavu.
Cette version évite d’affirmer une détention prolongée qui n’est pas confirmée par les sources consultées, tout en conservant l’élément important de l’interpellation.


