Kalev Mutond, ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR) et figure centrale de l’appareil sécuritaire sous Joseph Kabila, est décédé ce lundi 5 octobre 2026 à Paris, en France, à l’âge de 69 ans.
L’information, rapportée notamment par Actualité.cd, a été confirmée par des sources familiales. Selon ces sources, le décès a été constaté vers 6 heures du matin dans un établissement hospitalier parisien. Kalev Mutond séjournait en France depuis près d’un an pour des raisons médicales. Son état de santé se serait dégradé au cours des dernières semaines. La nature de la maladie n’a pas été précisée.
Près de huit ans à la tête de l’ANR
Né le 3 mars 1957 dans le sud du Katanga, Kalev Mutond a consacré une grande partie de sa carrière aux services de sécurité congolais.
Il prend la direction de l’ANR en octobre 2011, sous la présidence de Joseph Kabila, et reste à ce poste jusqu’en 2019. Pendant près de huit ans, il devient l’un des hommes les plus influents de l’appareil sécuritaire du régime.
Proche de Joseph Kabila, il est régulièrement présenté dans les médias comme l’un des principaux hommes de confiance de l’ancien président et comme une figure incontournable des services de renseignement congolais.
Une figure au cœur des controverses sur les droits humains
Son passage à la tête de l’ANR a également été marqué par de nombreuses accusations. Des opposants, des militants de la société civile et d’anciens détenus ont notamment dénoncé des arrestations arbitraires, des détentions et des actes de torture qu’ils imputaient aux services de renseignement sous sa direction.
En 2021, Kalev Mutond avait été interrogé par Radio Okapi au sujet de ces accusations. Il avait rejeté les allégations visant l’ANR et soutenu que les agents du service de renseignement devaient agir dans le respect de la loi. Il s’était également dit disposé à répondre devant la justice aux faits qui lui seraient personnellement reprochés.
Cette même année, le parquet de Kinshasa-Gombe avait engagé des démarches judiciaires à son encontre. Un avis de recherche avait ensuite été émis, poussant l’ancien patron de l’ANR à quitter le pays.
Sanctionné par Washington et l’Union européenne
Kalev Mutond avait également fait l’objet de sanctions internationales.
Les États-Unis l’avaient sanctionné en décembre 2016 dans le cadre de mesures visant des responsables congolais accusés notamment d’atteintes aux droits humains et d’entrave au processus démocratique.
L’Union européenne l’avait à son tour inscrit sur sa liste de sanctions en 2017, lui reprochant notamment son implication présumée dans des arrestations, détentions et mauvais traitements ainsi que dans l’entrave au processus électoral.
Mais cette mesure européenne a ensuite été levée. En mars 2023, le Tribunal de l’Union européenne avait rendu un arrêt concernant Kalev Mutondo, avant que le Conseil de l’UE ne décide, en juin de la même année, de le retirer officiellement de sa liste de sanctions.
Retour en RDC et suspension de l’avis de recherche
Après plusieurs mois passés hors du pays, Kalev Mutond était revenu en République démocratique du Congo en août 2022.
Le 10 août 2023, le procureur général près la cour d’appel de Kinshasa-Gombe avait annoncé la suspension de l’avis de recherche qui le visait, estimant que les raisons ayant conduit à son émission ne subsistaient plus.
Sa mort à Paris intervient ainsi après un parcours marqué à la fois par une longue présence au sommet des services de renseignement congolais, sa proximité avec Joseph Kabila et plusieurs procédures et controverses liées à la période où il dirigeait l’ANR.
À ce stade, les circonstances précises de son décès n’ont pas été officiellement détaillées. Sa famille devrait apporter davantage de précisions dans les prochaines heures.
Par Joseph Kamwanga

