Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre à Goma autour du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. Une délégation du Panel des facilitateurs de l’Union africaine est annoncée auprès de la haute hiérarchie de l’AFC/M23, dans le cadre des efforts visant à faire avancer le processus de paix.
Cette démarche intervient alors que l’Union africaine cherche à renforcer son rôle dans une médiation jusqu’ici marquée par la coexistence de plusieurs initiatives, notamment les processus de Washington et de Doha. Fin septembre, plusieurs sources avaient annoncé une tournée des facilitateurs à Kinshasa, Kigali et Goma avant la mi-octobre, avec des rencontres prévues avec les autorités congolaises, rwandaises et les représentants de l’AFC/M23.
Un échange avec la direction de l’AFC/M23
À Goma, les discussions portent sur le processus politique censé mettre fin au conflit qui oppose les forces gouvernementales congolaises à l’AFC/M23.
La rencontre avec la direction de l’AFC/M23 constitue un volet important de la stratégie de l’UA, qui entend maintenir le dialogue avec les différentes parties au conflit.
Le Panel des facilitateurs a été mis en place pour accompagner la médiation de l’Union africaine conduite par Faure Gnassingbé, président du Conseil du Togo. Il réunit cinq anciens chefs d’État africains : Olusegun Obasanjo du Nigeria, Uhuru Kenyatta du Kenya, Mokgweetsi Masisi du Botswana, Sahle-Work Zewde d’Éthiopie et Catherine Samba-Panza de République centrafricaine.
Des absences au sein de la délégation
Tous les membres du Panel ne participent toutefois pas à cette étape de la mission.
Catherine Samba-Panza est annoncée absente pour des raisons de santé. Quant à Olusegun Obasanjo, président du Panel, son absence est également signalée en raison d’une mission urgente liée au conflit entre l’Éthiopie et l’Érythrée.
Ces absences interviennent alors que la mission devait initialement mobiliser l’ensemble des cinq facilitateurs. Les informations disponibles avant la tournée confirmaient que le déplacement devait notamment permettre au panel de rencontrer les principaux acteurs du conflit à Kinshasa, Kigali et Goma.
Une nouvelle tentative de donner du poids à la médiation africaine
Cette rencontre intervient dans un contexte où l’Union africaine tente de reprendre une place centrale dans la recherche d’une solution politique à la crise de l’est de la RDC.
En juillet, le Panel avait adopté une feuille de route de six mois, couvrant la période allant de juillet à décembre 2026. Celle-ci prévoit notamment des consultations avec les groupes armés, un travail sur les questions militaires et sécuritaires, l’accès humanitaire, la coopération économique régionale ainsi que la réconciliation et la participation de la société civile.
L’UA cherche également à harmoniser les différentes initiatives diplomatiques engagées autour de la crise congolaise. Dans ses décisions de février 2026, l’organisation continentale avait insisté sur la nécessité de coordonner les processus de paix et appelé les parties à respecter les engagements pris dans les cadres de Washington et de Doha.
Goma, un passage hautement symbolique
La présence des facilitateurs à Goma revêt une dimension particulière. La ville est contrôlée par l’AFC/M23 depuis le début de l’année 2025 et constitue l’un des principaux centres politiques et militaires du mouvement dans l’est du pays.
La rencontre avec ses dirigeants permet donc au panel africain d’échanger directement avec l’un des principaux acteurs armés du conflit.
Reste à savoir si cette nouvelle initiative permettra de rapprocher les positions des différentes parties et surtout de déboucher sur des engagements concrets. Pour l’heure, l’objectif affiché demeure la relance du dialogue et la recherche d’une issue politique durable à la crise sécuritaire dans l’est de la RDC.

