Les activités d’exploitation minière se poursuivent dans les territoires de Mwenga et de Shabunda, au Sud-Kivu, malgré la mesure gouvernementale interdisant leur poursuite.
Dans cette région riche en or, des creuseurs artisanaux et certaines sociétés minières continuent d’opérer, suscitant l’inquiétude des forces vives locales.
À Mwenga comme à Shabunda, l’interdiction décrétée par les autorités semble avoir du mal à s’imposer sur le terrain. Des activités minières continuent d’être observées dans plusieurs zones de cette région du Sud-Kivu, réputée pour l’importance de ses gisements aurifères.
Les forces vives de Mwenga dénoncent cette situation et appellent les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle et de surveillance du secteur minier. Elles redoutent notamment que la poursuite des opérations ne contribue à alimenter l’instabilité dans une zone déjà confrontée à d’importants défis sécuritaires.
Des sociétés accusées de poursuivre leurs opérations
Selon plusieurs sources locales, la société Yellowstone, à capitaux chinois, continuerait ses activités dans la région. Des entreprises affiliées au groupe Strategos sont également citées parmi les opérateurs dont les activités se poursuivraient malgré l’interdiction.
Si Yellowstone exercerait ses activités de manière visible, des acteurs locaux dénoncent en revanche ce qu’ils qualifient d’« opacité » autour des opérations attribuées à Lugushwa Mining, une filiale du groupe Strategos.
Ces acteurs accusent notamment Lugushwa Mining de s’appuyer sur certaines coopératives minières pour poursuivre discrètement ses activités. Ils évoquent également des mouvements d’aéronefs qu’ils soupçonnent d’être liés à l’évacuation de minerais vers d’autres régions.
Des accusations que la société civile de Mwenga dit avoir déjà portées à l’attention des autorités.
Dans une correspondance datée du 24 juin, cette structure citoyenne avait dénoncé la poursuite présumée des activités minières de plusieurs sociétés, malgré la décision du gouvernement d’interdire leur exploitation.
Pour les forces vives locales, la question dépasse le seul cadre économique. Elles réclament davantage de transparence sur les activités minières et sur la circulation des minerais produits dans cette partie du Sud-Kivu.
Lugushwa Mining rejette les accusations
Contactée au sujet de ces accusations, Lugushwa Mining rejette catégoriquement l’idée qu’elle poursuivrait ses activités d’exploitation sur le terrain.
Son directeur pays, Henry Bongoli, affirme que l’entreprise ne mène actuellement aucune activité d’exploitation minière et assure qu’elle continue de se conformer aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.
Il reconnaît toutefois que l’entreprise fait face à des difficultés dans la région et dénonce, de son côté, l’attitude de certaines autorités.
« Malgré nos efforts pour nous conformer à la loi, certaines autorités ne rendent pas les choses aisées dans la région, préférant collaborer avec les Chinois au nom d’intérêts privés », a déclaré Henry Bongoli.
Cette déclaration intervient alors que les accusations formulées localement portent précisément sur la poursuite présumée des activités minières et sur d’éventuelles collaborations avec des acteurs du secteur.
Yellowstone garde le silence
Sollicitée pour réagir aux accusations concernant la poursuite de ses activités dans la région, la société Yellowstone n’a pas souhaité faire de commentaire.
Cette absence de réaction laisse donc ouvertes plusieurs interrogations sur l’application effective de la mesure gouvernementale d’interdiction dans les territoires de Mwenga et de Shabunda.
Sur place, les forces vives demandent désormais aux autorités provinciales et nationales de renforcer les contrôles afin de déterminer quelles entreprises poursuivent réellement leurs activités, dans quelles conditions et avec quelles autorisations.
Au-delà de la question de l’exploitation de l’or, l’enjeu porte également sur la traçabilité des minerais et sur les circuits par lesquels ils seraient acheminés hors de la région.
Pour les acteurs locaux, l’interdiction annoncée par le gouvernement ne peut produire d’effets que si elle est effectivement contrôlée et appliquée sur le terrain.

