Après l’immeuble Flamboyant, une nouvelle intervention du Service national suscite des interrogations à Kinshasa. Cette fois, c’est l’immeuble Massamba, situé dans la commune de la Gombe, qui est concerné.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des agents du Service national ont verrouillé les accès au bâtiment ce lundi, empêchant les occupants d’entrer ou de sortir.
Des locataires, des cabinets d’avocats ainsi que des professionnels des médias se trouveraient à l’intérieur, notamment des journalistes du média Ouragan.cd, dont les bureaux sont installés dans cet immeuble. Le média confirme que son siège est situé à l’immeuble Massamba, avenue Tombalbaye, dans la commune de la Gombe.
Aucune entrée, aucune sortie
D’après les témoignages rapportés sur place, les agents présents aux entrées du bâtiment exigeraient que les occupants restent sur les lieux pendant une opération d’assainissement.
Ils demanderaient notamment leur présence pour participer au nettoyage de la dalle et du caniveau avant une éventuelle libération des accès.
Cette situation empêcherait donc, selon ces témoignages, les personnes présentes dans l’immeuble de quitter librement les lieux.
La durée exacte du dispositif et les raisons administratives ou juridiques ayant conduit au verrouillage de l’immeuble n’ont pas encore été officiellement précisées.
Un précédent à l’immeuble Flamboyant
L’intervention rappelle l’épisode survenu en août dernier à l’immeuble Flamboyant, également situé dans la commune de la Gombe.
Le 26 août, le ministre provincial de l’Environnement et de l’Embellissement de Kinshasa, Léon Mulamba, avait dénoncé les méthodes employées par des agents du Service national lors d’une opération d’assainissement. Selon ses déclarations rapportées par Le Potentiel, des responsables et occupants de l’immeuble avaient été retenus pendant plusieurs heures.
L’opération avait provoqué une vive tension autour de la manière dont l’assainissement était conduit et du rôle respectif des différents services publics impliqués. D’autres médias avaient également rapporté l’intervention de la Task Force d’assainissement et du Service national à Flamboyant.
L’épisode de Massamba intervient donc dans un contexte où les méthodes utilisées par les équipes chargées de l’assainissement dans la capitale font déjà débat.
Des journalistes parmi les personnes bloquées
La présence de journalistes parmi les occupants concernés donne une dimension particulière à cette nouvelle affaire.
Ouragan.cd dispose effectivement de ses bureaux à l’immeuble Massamba. Le média indique dans son rapport de transparence que son siège se trouve avenue Tombalbaye, dans cet immeuble, où sont également installés d’autres professionnels et entreprises.
Selon les témoignages disponibles, les journalistes présents dans les locaux seraient eux aussi empêchés de quitter le bâtiment.
Aucune information officielle ne permet pour l’instant d’établir qu’il s’agit d’une mesure visant spécifiquement la rédaction ou les médias installés dans l’immeuble. Les circonstances exactes de l’intervention restent donc à clarifier.
Une intervention qui appelle des explications
L’objectif affiché de l’opération serait lié à l’assainissement des lieux. Mais la méthode employée soulève des questions sur les limites de l’intervention des agents chargés de cette mission.
La précédente opération à Flamboyant avait déjà suscité des critiques sur le recours à la contrainte pour faire participer les occupants aux travaux d’assainissement. À Massamba, la situation rapportée ce lundi relance ces interrogations.
Les autorités compétentes sont désormais attendues pour expliquer les motifs de la fermeture des accès, préciser le cadre légal de l’opération et déterminer dans quelles conditions les occupants pourront librement quitter les lieux.
En attendant ces clarifications, les témoignages recueillis sur place font état d’un immeuble entièrement verrouillé, avec des locataires, des avocats et des journalistes à l’intérieur.

