Les combats s’intensifient dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Après la reprise de Remeka et de plusieurs localités voisines, les FARDC, appuyées par les groupes Wazalendo, poursuivent leur progression face aux combattants de l’AFC/M23.
Ce lundi 5 octobre, de nouveaux affrontements ont été signalés dès les premières heures de la matinée dans plusieurs zones de Masisi. Des sources locales rapportent notamment des combats à partir de 5 heures dans le groupement d’Ufamandu Ier, en chefferie des Bahunde.
Dans le même temps, les Wazalendo revendiquent la reprise de plusieurs positions occupées par l’AFC/M23.
Trois villages repris à Nyamaboko
Dans le groupement de Nyamaboko Ier, dans le secteur d’Osso Banyungu, les Wazalendo affirment avoir repris les villages de Changayi, Ruseme et Kasheke.
Ces localités s’ajoutent à Remeka, Muhororo, Kamuhobe et Mihano, reprises samedi 3 octobre par les FARDC et les Wazalendo après plusieurs heures de combats. Radio Okapi rapportait alors que les forces alliées aux FARDC avaient repris Remeka, un point considéré comme important sur cet axe de Masisi.
D’autres positions sont également citées ce lundi dans le secteur d’Ufamandu Ier. Les localités de Nyakigano, Nkokwe et Kashovu, dans les environs de Kasake, figurent parmi les zones où les Wazalendo affirment avoir progressé. Radio Okapi rapporte toutefois que l’évolution du contrôle de ces différents secteurs reste difficile à établir de manière indépendante.
Des redditions dans les rangs de l’AFC/M23
Ces nouveaux combats interviennent dans un contexte marqué par plusieurs redditions de combattants de l’AFC/M23.
Selon le porte-parole de la 33e région militaire, cité par Radio Okapi, 29 combattants ont déposé les armes entre le 1er et le 4 octobre dans les territoires de Lubero, Masisi et Walikale. Plusieurs auraient abandonné leurs positions et leurs uniformes avant de rejoindre les lignes contrôlées par les FARDC et les Wazalendo.
L’armée congolaise affirme également avoir capturé dix autres combattants au cours d’opérations menées notamment à Remeka, Mohololo, Biriko et Miko. Ces informations proviennent du commandement militaire et ne constituent pas, à ce stade, un bilan vérifié indépendamment.
Dans les zones reprises, des sources locales évoquent par ailleurs des combattants qui auraient refusé de poursuivre les combats. Cette situation est présentée par les Wazalendo comme un signe de fragilisation des rangs adverses. Il convient toutefois de rester prudent sur l’ampleur de ce phénomène, qui n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
Les combats s’étendent vers Kalehe
La poussée militaire intervient alors que la situation reste également tendue dans le territoire voisin de Kalehe, au Sud-Kivu.
Dimanche, des affrontements ont été signalés dans le groupement de Ziralo. Des sources proches de l’armée congolaise ont affirmé que les Wazalendo avaient repris plusieurs villages, dont Katale, Shanje et Chambombo, près de Lumbishi. Radio Okapi rapporte également ces revendications tout en soulignant que l’évolution exacte du contrôle territorial reste difficile à confirmer.
À Masisi, la situation demeure donc extrêmement volatile. Les positions changent rapidement au gré des offensives et contre-offensives, tandis que les combats se poursuivent dans plusieurs axes.
Des déplacements de populations
Cette nouvelle flambée des affrontements fait également peser une pression supplémentaire sur les populations civiles.
Des mouvements de déplacement sont signalés depuis dimanche soir dans plusieurs zones, notamment autour de Ngungu, Rubaya et Katoyi, toujours présentées comme sous contrôle de l’AFC/M23. Ces départs seraient liés à la crainte de nouvelles offensives et à la proximité des combats.
La société civile de Masisi alerte de son côté sur la dégradation de la situation humanitaire. Elle fait état de morts et de blessés parmi les civils, de déplacements forcés et de pillages dans plusieurs groupements, notamment Nyamaboko et Ufamandu.
Pour l’heure, les combats se poursuivent dans plusieurs secteurs de Masisi. Les revendications de reprise de localités par les Wazalendo devront encore être confrontées à l’évolution de la situation sur le terrain, alors que les lignes de front restent particulièrement mouvantes.
