La situation sécuritaire se dégrade dans le groupement Ufamandu 1, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Trois villages sont désormais contrôlés par l’AFC/M23 après de violents affrontements avec les combattants wazalendo. Ces combats ont également provoqué de nouveaux déplacements de populations vers des zones jugées plus sûres.
Les combats se poursuivent dans plusieurs secteurs du groupement Ufamandu 1, où la situation sécuritaire demeure particulièrement volatile. Depuis le début de la semaine, les rebelles de l’AFC/M23 affrontent les combattants wazalendo dans plusieurs localités.
Le 18 août, de violents affrontements ont notamment éclaté dans la zone. À l’issue de ces combats, les villages de Chingete, Katuunda et Miko sont passés sous le contrôle de l’AFC/M23, selon des sources locales.
Face à cette progression, les combattants wazalendo se sont repliés vers Mianda et Lulere, laissant derrière eux plusieurs zones désormais occupées par les rebelles.
Une avancée qui inquiète jusqu’à Walikale
La prise de ces trois villages ne suscite pas uniquement des inquiétudes à Ufamandu 1. Elle rapproche également les combats du territoire voisin de Walikale.
Chingete, Katuunda et Miko se trouvent en effet à proximité de Biriko, dans le groupement Waloa Loanda. Cette localité de Walikale serait située à environ dix kilomètres seulement des zones désormais contrôlées par l’AFC/M23.
Cette nouvelle avancée fait craindre une extension des affrontements vers les localités voisines et ravive les inquiétudes parmi les habitants des zones frontalières entre Masisi et Walikale.
La progression du mouvement rebelle intervient alors que le Nord-Kivu reste marqué par une forte instabilité sécuritaire et par les déplacements répétés des populations au gré de l’évolution des lignes de front.
Des familles contraintes de fuir
Les affrontements ont déjà des conséquences directes sur les populations civiles. Plusieurs familles ont quitté leurs habitations pour échapper aux combats et chercher refuge dans des zones considérées comme plus sûres.
Une partie des déplacés prend la direction du groupement Waloa Loanda, dans le territoire de Walikale. D’autres familles se dirigent vers le Sud-Kivu, selon les mêmes sources.
Pour ces populations, les déplacements successifs deviennent une réalité récurrente. À chaque avancée ou reprise des combats, des familles abandonnent leurs maisons, leurs activités économiques et leurs terres, souvent sans pouvoir emporter leurs biens essentiels.
« La prise de Chingete, Katuunda et Miko pousse une nouvelle fois les populations civiles à fuir leurs villages », rapportent des sources locales, décrivant une situation sécuritaire particulièrement préoccupante dans la zone.
La crainte d’une nouvelle crise humanitaire
Au-delà de l’évolution militaire, cette nouvelle dégradation fait craindre une aggravation de la situation humanitaire dans cette partie du Nord-Kivu.
L’arrivée de nouveaux déplacés dans les zones voisines risque en effet d’accroître la pression sur les communautés d’accueil, alors que les besoins en nourriture, en abris, en soins de santé et en protection restent importants dans plusieurs territoires de la province.
La proximité de Biriko avec les zones désormais contrôlées par l’AFC/M23 constitue également un facteur d’inquiétude supplémentaire. Une extension des combats vers Waloa Loanda pourrait provoquer de nouveaux déplacements et élargir davantage le périmètre d’insécurité.
Pour les populations de Masisi et de Walikale, l’enjeu est désormais d’éviter que la progression du front ne transforme les zones jusque-là relativement épargnées en nouveaux théâtres d’affrontements.
La situation reste donc hautement volatile à Ufamandu 1, où l’évolution des positions militaires pourrait, dans les prochains jours, avoir de nouvelles conséquences sur les populations civiles.

