Le dossier de Nathanaël Onokomba continue de susciter des interrogations à Kinshasa. Alors que le jeune leader du mouvement « Le Congo qui inspire » reste détenu à la prison centrale de Makala, son avocat-conseil, Me Eredie Nongo, affirme qu’un pasteur de l’église Philadelphie serait à l’origine du maintien en détention de son client.
Selon les déclarations de Me Nongo, rapportées dans le cadre de l’affaire, Nathanaël Onokomba aurait pourtant été acquitté par le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe du chef d’« apologie du terrorisme ». Malgré cette décision, il n’a pas été remis en liberté.
Les éléments disponibles dans la presse confirment que le 26 juin 2026, la juridiction militaire s’est déclarée incompétente dans le dossier après avoir considéré que l’infraction d’apologie du terrorisme n’était pas établie. Le dossier a ensuite été transmis aux juridictions civiles.
Transféré à Makala après plusieurs mois à Ndolo
Nathanaël Onokomba avait été arrêté en décembre 2025, avant d’être transféré à la prison militaire de Ndolo en janvier 2026. Après près de sept mois de détention, il a été transféré à la prison centrale de Makala le 29 juillet, dans le cadre de la poursuite de la procédure devant la justice civile.
Le dossier concerne notamment des propos et publications attribués à Onokomba sur les réseaux sociaux au sujet de la guerre dans l’Est de la RDC, du Rwanda et de l’AFC/M23. La justice militaire lui reprochait notamment d’avoir tenu des propos considérés comme une négation ou une minimisation des crimes commis dans l’Est du pays.
La défense conteste la régularité de sa détention
Depuis son transfert à Makala, les avocats du jeune opposant contestent la régularité de son maintien en détention.
Lors d’une audience devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, la défense a soutenu qu’aucun nouveau mandat de détention délivré par la justice civile ne figurait au dossier. Elle a demandé la mainlevée de la détention ou, à défaut, la mise en liberté provisoire de son client.
Le TGI/Gombe a toutefois rejeté la demande de mise en liberté provisoire formulée par la défense en septembre. Les avocats ont alors annoncé vouloir introduire une nouvelle requête devant la chambre du conseil.
Un pasteur accusé par l’avocat
C’est dans ce contexte que Me Eredie Nongo avance une nouvelle accusation. Selon l’avocat, un pasteur de l’église Philadelphie de Kinshasa serait intervenu dans le maintien en détention de Nathanaël Onokomba.
Me Nongo affirme que son client avait auparavant travaillé comme interprète au sein de cette église. Il soutient également que des désaccords seraient apparus entre les deux hommes, notamment autour de certaines prises de position et des choix politiques d’Onokomba.
L’avocat évoque notamment la « têtutesse » reprochée à son client par le responsable religieux.
Ces accusations, qui mettent directement en cause un responsable religieux, doivent toutefois être considérées comme les déclarations de l’avocat de Nathanaël Onokomba. Elles n’ont pas, à ce stade, été corroborées par une décision de justice ou par une déclaration indépendante du pasteur mis en cause.
Une affaire toujours devant la justice civile
Le dossier reste pendant devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe. Après le dessaisissement de la justice militaire, la juridiction civile a repris l’instruction du dossier. En septembre, Nathanaël Onokomba avait encore plaidé pour sa remise en liberté, affirmant être détenu depuis plusieurs mois et demandant aux juges d’appliquer la loi.
Son maintien en détention continue ainsi d’alimenter les critiques de sa défense, tandis que la justice civile doit encore déterminer les suites judiciaires à donner aux accusations portées contre lui.
À ce stade, l’affirmation selon laquelle un pasteur de l’église Philadelphie serait à l’origine de son maintien en détention demeure une accusation formulée par la défense et ne constitue pas un fait judiciairement établi.

