Le journaliste et directeur général de Netic News TV, Gauthier Sey, a été évacué vers Paris, en France, pour y recevoir des soins médicaux plus appropriés, après avoir été retrouvé dans un état préoccupant aux Cliniques Ngaliema, à Kinshasa.
Selon des informations rapportées lundi 5 octobre par plusieurs médias congolais, Gauthier Sey avait d’abord reçu des soins aux urgences des Cliniques Ngaliema après sa disparition, le samedi 3 octobre. La gravité de son état aurait ensuite conduit à son transfert médical vers la France.
Une disparition qui a suscité l’inquiétude
Gauthier Sey avait quitté les locaux de Netic News TV samedi vers 11 heures, selon le récit publié par sa propre rédaction. Il se rendait à la banque lorsqu’il aurait été intercepté par des hommes circulant à bord d’une jeep.
Toujours selon cette version, les hommes auraient affirmé détenir un mandat d’arrêt contre lui. Alors qu’il demandait à consulter le document, deux autres individus seraient intervenus pour le contraindre à monter dans le véhicule. Gauthier Sey aurait ensuite perdu connaissance.
Plusieurs heures plus tard, il aurait été retrouvé abandonné sur l’avenue de la Justice, dans la commune de la Gombe, avant d’être conduit aux Cliniques Ngaliema par un motocycliste.
À son arrivée à l’hôpital, le journaliste aurait été très affaibli. Des médias ont rapporté qu’il présentait notamment des difficultés à parler, des vertiges et des traces de sang aux lèvres. Ces éléments n’ont toutefois pas, à ce stade, fait l’objet d’un bilan médical rendu public.
L’UNPC appelle à la prudence
La disparition de Gauthier Sey avait mobilisé la corporation journalistique congolaise. Le président provincial de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), Jean-Marie Kassamba, avait indiqué que des vérifications avaient été effectuées auprès de plusieurs services spéciaux et parquets de Kinshasa pour tenter de localiser le journaliste.
Après sa découverte aux Cliniques Ngaliema, l’UNPC a confirmé sa prise en charge médicale, tout en appelant à la prudence concernant les circonstances de sa disparition.
Jean-Marie Kassamba a notamment souligné que l’organisation ne disposait pas encore d’une confirmation officielle permettant d’affirmer qu’il avait été arrêté ou enlevé. Il a appelé à attendre le rapport médical et le recoupement des différents témoignages avant de tirer des conclusions définitives.
Des circonstances toujours à éclaircir
Le récit d’un enlèvement reste donc, à ce stade, principalement fondé sur les informations communiquées par l’entourage et la rédaction de Gauthier Sey. L’identité des personnes qui auraient procédé à son interception, leurs éventuelles motivations et le déroulement exact des heures qui ont précédé son arrivée à l’hôpital restent à établir.
L’affaire intervient par ailleurs dans un contexte médiatique et judiciaire particulièrement sensible. Gauthier Sey s’était récemment exprimé dans le dossier opposant la journaliste Virginie Manganga à l’artiste Fally Ipupa et à l’avocate de ce dernier, Me Dorothée Madiya. Plusieurs publications ont évoqué cette actualité comme un élément de contexte, mais aucun élément public ne permet actuellement d’établir un lien direct entre ce dossier et la disparition du journaliste. (Culumulard.cd)
Gauthier Sey se trouve désormais en France pour poursuivre sa prise en charge médicale. Son évacuation vers Paris marque une nouvelle étape dans cette affaire qui continue de susciter des interrogations au sein de la presse congolaise.
Les circonstances précises de sa disparition et les responsabilités éventuelles devront être établies par des investigations, indépendamment des différentes versions actuellement relayées dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Par Joseph Kamwanga
