La situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo et l’application du régime de sanctions des Nations unies étaient au centre d’une rencontre à Kinshasa entre la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et le Groupe d’experts de l’ONU chargé d’appuyer le Comité des sanctions concernant la RDC.
La rencontre s’est tenue lundi 5 octobre 2026. Elle intervient alors que le Conseil de sécurité des Nations unies maintient son dispositif de sanctions contre les individus et entités impliqués dans la déstabilisation de l’est du pays.
Le suivi des sanctions au cœur des échanges
Selon les informations communiquées à l’issue de l’audience, les discussions ont notamment porté sur le mandat du Groupe d’experts et sur le suivi de la mise en œuvre du régime de sanctions établi par le Conseil de sécurité.
Les experts de l’ONU sont notamment chargés d’enquêter et de documenter les faits liés à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, afin d’alimenter les travaux du Comité des sanctions.
Les échanges avec Thérèse Kayikwamba Wagner ont également porté sur le suivi des recommandations formulées dans les précédents rapports des Nations unies. Ces recommandations concernent notamment les groupes armés, leurs réseaux de soutien et de financement ainsi que les facteurs susceptibles de contribuer à la poursuite de l’instabilité dans la région.
L’AFC et le M23 désormais visés par les sanctions de l’ONU
Cette rencontre intervient dans un contexte où le régime de sanctions concernant la RDC a été renforcé.
Dans sa résolution 2825, adoptée le 29 juin 2026, le Conseil de sécurité a renouvelé les mesures de sanctions jusqu’au 1er juillet 2027 et prolongé jusqu’au 1er août 2027 le mandat du Groupe d’experts chargé d’assister le Comité des sanctions. Le Conseil a également demandé une coopération accrue avec les experts et souligné la nécessité de garantir leur sécurité.
L’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23 figurent désormais parmi les entités concernées par le régime de sanctions. Le Conseil de sécurité considère notamment l’AFC comme un mouvement politico-militaire opérant dans l’est de la RDC et allié au M23.
Plusieurs responsables liés à ces groupes ont également été ajoutés aux listes de sanctions. Le Conseil de sécurité cite notamment des responsables des structures de renseignement du M23 ainsi que des dirigeants des FDLR. (Nations Unies)
La question des réseaux de financement
Au-delà des groupes armés eux-mêmes, le travail du Groupe d’experts porte également sur les réseaux qui permettent leur fonctionnement, notamment les circuits de financement et l’exploitation illicite des ressources naturelles.
L’objectif est d’identifier les acteurs, les mécanismes et les réseaux qui contribuent à alimenter les conflits dans l’est de la RDC afin de permettre au Conseil de sécurité d’envisager, lorsque les critères sont remplis, de nouvelles désignations ou mesures restrictives.
Cette dimension prend une importance particulière alors que l’ONU cherche à mieux documenter les facteurs économiques et militaires qui entretiennent l’instabilité dans la région.
Kinshasa insiste sur le processus de désarmement des FDLR
La rencontre intervient également quelques jours après des échanges au Conseil de sécurité sur le processus de désarmement, de démobilisation, de cantonnement et de rapatriement des FDLR.
Kinshasa affirme avoir engagé ce processus dans le cadre de ses engagements sécuritaires et demande un accompagnement international permettant d’en vérifier la mise en œuvre. Le Conseil de sécurité a pris note du protocole conclu par les autorités congolaises et appelé à sa mise en œuvre rapide afin de parvenir à une neutralisation effective des FDLR.
Le mandat actuel du Groupe d’experts sur les sanctions concernant la RDC court, lui, jusqu’au 1er août 2027. Un rapport à mi-parcours est attendu au plus tard le 30 décembre 2026, avant un rapport final prévu en juin 2027.
La rencontre entre Thérèse Kayikwamba Wagner et les experts de l’ONU intervient ainsi dans une période où Kinshasa cherche à renforcer le suivi international des groupes armés, de leurs soutiens et des engagements sécuritaires pris pour tenter de mettre fin au conflit dans l’est de la RDC.

