Le président Félix Tshisekedi a reçu mardi, à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le ministre angolais des Relations extérieures, Tete António. Porteur d’un message du président João Lourenço, le chef de la diplomatie angolaise a notamment évoqué avec le dirigeant congolais l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
La rencontre intervient alors que les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC se poursuivent sur plusieurs fronts.
Selon la présidence congolaise, le message transmis par Tete António porte notamment sur la coopération entre les deux pays, mais aussi sur l’évolution de la situation politique, militaire et sécuritaire dans l’Est du territoire congolais. Luanda a également réaffirmé son attachement au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
À l’issue de son entretien avec Félix Tshisekedi, Tete António a insisté sur l’attention particulière portée par Luanda à la situation congolaise.
« La République d’Angola ne peut pas être indifférente à ce qui se passe en RDC », a-t-il déclaré.
Le ministre angolais a rappelé les liens historiques et la proximité géographique entre les deux pays. Il a également précisé que son déplacement à Kinshasa faisait suite à une visite effectuée le 30 septembre en Angola par le ministre congolais chargé de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni. Ce dernier avait remis un message de Félix Tshisekedi à João Lourenço.

Luanda toujours impliqué dans les efforts de paix
Cette nouvelle séquence diplomatique intervient dans un contexte où l’Angola tente de maintenir une implication dans la recherche d’une solution à la crise dans l’Est congolais.
João Lourenço a déjà joué un rôle important dans les précédentes initiatives de médiation entre Kinshasa et Kigali. En février 2026, Félix Tshisekedi s’était rendu à Luanda pour des discussions consacrées au processus de paix dans la région des Grands Lacs. La rencontre avait notamment porté sur la nécessité de respecter les engagements issus des processus de Washington et de Doha.
Les autorités congolaises avaient alors donné mandat à l’Angola pour engager des consultations avec les différentes parties congolaises dans le cadre de l’initiative de dialogue national défendue par Félix Tshisekedi.
En juillet dernier, les deux présidents s’étaient également entretenus à Luanda sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, en marge d’un sommet consacré à la paix et au respect du droit international.
Plusieurs processus diplomatiques en parallèle
La crise congolaise fait actuellement l’objet de plusieurs initiatives diplomatiques. Le processus de Doha constitue notamment le cadre des discussions directes entre Kinshasa et l’AFC/M23 sur les questions liées au cessez-le-feu et à la cessation des hostilités.
Félix Tshisekedi avait encore réaffirmé en août que le processus de Doha devait rester le cadre de discussion sur les questions directement liées au conflit armé, notamment le désengagement, le cantonnement et le désarmement.
L’Angola cherche pour sa part à conserver un rôle dans les efforts régionaux de paix. En février, João Lourenço avait appelé les parties au conflit à respecter les engagements pris et à accélérer la mise en œuvre du mécanisme de vérification du cessez-le-feu convenu à Doha.
La visite de Tete António à Kinshasa s’inscrit donc dans cette continuité diplomatique.
Kinshasa et Luanda veulent maintenir le dialogue
Au-delà de la situation sécuritaire, les échanges entre Tshisekedi et l’émissaire de João Lourenço témoignent de la volonté des deux capitales de maintenir des consultations régulières.
Pour Luanda, la proximité géographique avec la RDC et les relations historiques entre les deux pays justifient une implication dans les efforts visant à stabiliser la région des Grands Lacs.
La rencontre de mardi ne s’est toutefois pas traduite, dans les informations rendues publiques, par l’annonce d’un nouvel accord ou d’une nouvelle initiative concrète. Elle confirme surtout que l’Angola entend rester attentif à l’évolution de la crise congolaise et maintenir le canal de communication avec Kinshasa.
Alors que les processus de paix de Doha et de Washington se poursuivent et que la situation sécuritaire reste préoccupante dans l’Est de la RDC, le rôle exact de Luanda dans la prochaine étape des efforts diplomatiques devrait continuer à faire l’objet d’une attention particulière.

